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LA SATIRK DANS i/aPOLOUIK 8S
s'exerce plus aujourd'huy » ; mais elle n'est plus universelle « ne se trouvant (grâces à Dieu) en quelques lieux du bois assez pour continuer les feux du temps passé ». Estienne ne savait pas, en 1566, à quel point il se trompait. Mais il ajoute fièrement que les cendres des martyrs ont eu cette vertu de susciter à la religion réformée un nombre infini d'autres serviteurs * .
Nous avons cité les passages éloquents de V Apologie où Henri Estienne rappelle la lutte que durent soutenir les savants interprètes de la Bible, et Robert Estienne tout le premier, contre l'opposition de la Sorbonne et du clergé ^. On condamna aussi les translations en vers finançais des psaumes. Les premiers luthériens ne pouvaient chanter sans danger « les commandemens de Dieu mis en rythme, ou quelque pseaume de David ^ ». Si nous en croyons Le Duchat, ils les récitaient quelquefois sur des airs de vaudeville, pour ne pas attirer sur eux les rigueurs de Tinquisition. On ne tarda pas d'ailleurs à adapter à ces psaumes une musique plus religieuse, et dans les premiers troubles de la religion, le camp des réformés retentissait de ces chants. A ce propos Henri Estienne rend hommage à l'œuvre religieuse de Marotqui fut continuée par Th. de Bèze. Mais le poète satirique ne lui est pas moins cher. Estienne cite V Enfer Qi il y puise des épigrammes à l'adresse des gens d*église, des juges et des chicaneurs *.
Le tableau des persécutions fait Tintérêt historique et dramatique de Y Apologie. Il est regrettable que Henri Estienne n'ait pas su le dégager d'un fatras d'anecdotes plus ou moins controuvées sur l'ignorance des pauvres curés de campagne, ou sur le charlatanisme qu'il prête trop libéralement aux prédicateurs, séculiers ou réguliers. Fait-il preuve d'esprit, voire de sens critique, en raillant avec acharnement les docteurs contemplatifs du moyen âge et « leurs contemplations^ »? Mieux valait se taire sur « la légende dorée des saincts et sainctes ^* » que d'en tirer des plaisanteries aussi vulgaires. Même la vie de saint François ne trouve pas grâce devant lui : il reste absolument insensible à l'histoire des oiseaux nourris par le saint, d'une poésie si fraîche et si naïve ^. S'il énumèrc avec