Ibid., I, 257 etsuiv
12. Ibid.y I, 403, passaf^e répète, II, 105. C'est le seul témoignaj^e que nous ayons du suicide de DesPéricr». Mais il est trop afllrmatif pour le révoquer en doute. Estienne aurait-il ose inventer pareil fait?
nom les imprécations des prêcheurs contre les blasphémateurs « et il approuve les supplices qu'on leur infligeait. Car « les blasphèmes montrent une vraie athéisterie ^ ». Du temps du roi Henri II, les courtisans osaient dire a qu'ils croy oient en Dieu, comme leur roy y croyoit, mais que s*il n'y croyoit point, ils s'efforceroient de ny croire point ^ ». Ailleurs il rappelle les plaisanteries de condamnés devant la mort, « n'ayans non plus d'appréhension ni de la justice ni de la miséricorde de Dieu, que bestes brutes ^ ». Tout ce passage a été imité par Montaigne qui reproduit plusieurs des traits « de gosserie » cités par Estienne, et dans les mêmes termes *. Mais Montaigne observe ces faits en philosophe ; il y étudie curieusement la nature humaine. Estienne s'en indigne : « Il y a deux sortes de tels blasphémateurs : les uns sont du tout athéistes (qui s'appellent aujourd'huy déistes, nlaugré qu'on en ait, par une figure qui se nomme antiphrase) et ceux-ci n'en disent que ce qu'ils en pensent; les autres, non-obstant les remors de conscience qu'ils sentent, veulent contrefaire les athéistes : ceux-ci se faschent de ce qu'ils ne se peuvent oster de la fantasie qu'il y ait un Dieu ^ ».
Après M ce meschant Lucrèce », qui a nié toute providence®, Estienne nomme Rabelais et Des Périers, dont la raillerie ou l'indifférence n'ont pas été cependant jusqu'à la négation ''. « Qui est « donc celuy qui ne sçait que nostre siècle a faict revivre un « Lucian en un François Rabelais, en matière d'escrits brocar- « dans toute sorte de religion? qui ne sçait quel contempteur et « mocqueur de Dieu a esté Bonaventure Des Periers, et quel tes- « moignages il en a rendu par ses livres ^ » ? On a fait observer que le jugement de Calvin sur Des Périers ^ est précisément tel,