‹ Henri Estienne et son œuvre françaiseChapitre 93 sur 533 · Aipol.^ I, 380. Cf. Boccace, journée III, nouvelle · texte numérisé non relu

Aipol.^ I, 380. Cf. Boccace, journée III, nouvelle

91 II. ESTIENNK ÉCRlYAliN FRANÇAIS

Irevue finale avec celui qu'elle désire; on profite d'un voyage du mari. Dans VApolor/ie les choses marchent plus vite, et il n'est pas question de mari. Le mot brutal qu'Estienne prête au confesseur n*est pas dans le texte italien. Et sans doute nous voyons bien ici la différence des deux esprits, l'italien et le français, s'appliquant au même sujet.

Estienne a imité de plus près Pogge que Boccace. Cela tient peutêtre à la forme infiniment plus brève des Facéties où le trait essentiel du conte est toujours en saillie. Exemples : le couaiurier de Florence et le médecin ^, l'un rendant à Tautre la monnaie de sa pièce; le conte très spirituel de V ermite Ansimirius •/ V usurier de Vicencè\ etc.

Bandello est deux fois cité par Estienne qui le résume : une femme milanaise tue son enfant ; une espagnole tue son amant ^. Mais c'est la reine de Navarre qui a tous les honneurs de ï Apologie. C'est elle qu'il suit le plus volontiers ou dont il reprend les sujets pour lès présenter sous une forme nouvelle : Vincestueux sans le savoir ^, le mari borgne ^, le curé et le van ^. Faut-il ajouter qu'Estienne n'a pas laissé dans V Heptaméron les histoires de cordeliers, comiques ou tragiques ^? Mais il arrange le récit de la reine, il le commente à sa façon, en supprimant des détails qui sont en effet des longueurs ^.

Allons plus loin : dans V Apologie la matière même des contes a été enrichie et renouvelée, moins sans doute par le souvenir des anciens fabliaux que par les éléments pris à la tradition orale, et par les anecdotes réelles ou fictives que Tauteur avait lues ou qu*il avait recueillies.

Assurément Henri Estienne avait sur plusieurs de ses devanciers français Tavantage de connaître et dans leur texte original les anciens fabliaux; une preuve, entre autres, nous en est fournie, par le manuscrit 354 de la Bibliothèque de Berne, qui contient un assez

1. Apol., I, 313. Pour Po§rge, v. les références données par M. Histelhuber. Cf. Boccace, journée VIII, nouvelle 8.

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