‹ Henri Heine et son tempsChapitre 8 sur 20 · TEMI^S · texte numérisé non relu

TEMI^S

ce A cette lamentable nouvelle, les deux grenadiers se mirent à pleurer. L'un dit : — <3c Combien je souffre ! mes « vieilles blessures se rouvrent et ma fin s'approche ! »

« 'Et l'autre dit : « Tout est fini ! Et moi aussi je voudrais « bien mourir. Mais j'ai là-bas femme et enfant qui périme ront sans moi. »

« Que m'importent femme et enfant ! J'ai bien d'autres « soucis ! Qu'ils aillent mendier, s'ils ont faim !... Lui, l'emce pereur, l'empereur prisonnier !

« Camarade, écoute ma prière : Si je meurs ici, emporte c( mon corps avec toi et ensevelis-moi dans la terre de or France. ^

« La croix d'honneur avec son ruban rouge, tu me la

placeras sur le cœur ; tu me mettras le fusil à la main et « tu me ceindras l'épée au côté.

« C'est ainsi que je veux rester dans ma tombe comme <r une sentinelle et attendre, l'oreille attentive, jusqu'au jour « où retentira le grondement du canon et le galop des « chevaux.

« Alors l'empereur passera à cheval sur mon tombeau « au bruit des tambours et du cliquetis des sabres ; et moi, (c je sortirai tout armé du tombeau pour le défendre, lui, « l'Empereur (1) ! »

(1) D^B Grenadierb.

Nach Frankreîch zogen zwei Grenadier', Die waren in Russland gefangen.

TJnd als sie kamen in's deutsche Quartier, Sie liessen die Kopf e hangen.

Da hbrten sie Beide die traurige Mahr :

Dass Frankreich verloren gegangen, Besiegt und zerschlagen das grosse Heer, Und der Kaiser, der Kaiser gefangen.

Da weinten.zusammen die Grenadier' Wohl ob der klaglichen Kunde.

HEIKE ET SON TEMRS. 107

Efit-il besoin de faire remarquer les grandes beautés de ce lied justement cdlèbre : la vivacité des images, la sincérité et la uobl^se des sentiments^ et par-desana toDt, la merveilleuse simplicité du atyk J* Ponr nous, ce que nous admirons !e plus, dana ce chant héroïque et triste à la fois, c'est l'art avec 3ecj[uel un jeune poète des provinces rhénanes (U n'a^-ait pas seiiieans !) a su, grâce à aou imagination, grâce surtout à aa sympathie pour nos malheurs, deviner

D^r Eine sprach : a: Wia wet wiid mir, Wie lircnnt raeine alt« Wnnde ! »

Der Andr© jsprach : tf Das Lîed iat aua, Auch îch miicht' mit dir sterben, Doc h hab* ick Wcib und Kind zro Haua, Die ohne micb Yçrderben, a

Wa& schert mich Weibj was schert mioh Kind, Ich trage weit bess'rea Verlaugea ; Laee eie bettein geb'n, wenn uie hungrig aind, Mi^in Kaiser, mcin Kaiaer gefangen î

ce Geviihr* mir, Brader, eîne Bitt* : Wean ich jet^t sterben werde, Su nimm meirie Leiche Dach Frankrdch mit, Begrali' mich îa FmnkTCieha Erde.

a Das Ehrenkreuz am rotben Band Sollst da anf 'a Heti tnir legeu | Die Filntc gïeb mir in die Haud^ Und giirt* mir um den Degen.

ce 0o viU ich Liegea imd horchen fitiU , Wie eino Scldldwach' im Grabe, BîseÎDBt ich bore K^mongebriili, Vuû wiehern der Eobeh Getrab«.

cf Dami reitet meiii Kuiser wohl ïiher mein Grab, VieU Scbwerter klîrreii und blitzcn j Dann steïg' kh ï:ew5iEnet hervûr aus de m Grab, Den Kaiaer^ den Kai&er zu echutzenl »

(£uc^ der Lieder^ p. rj(ï.)

ïd» HEINE ET SON TEMPS,

et chanter ce culte touchant que gardèrent pour leur empereuTj jusqu'à leurs derniers soupirs, les soldats de la vieille garde.

Aussi ce beau lied des a Grreuûdiers 3^, nous le saluons ici avec reconnaissance, et c^est à un double titre que nous en félicitons le poète : comme admirateur de son génie d'abord, et ensuite comme Fi-ançais. Toutes les fois, en effet, qnW Français essaiera de juger ^œïl^^^ de Heuri Heine, il devra se souvenir, avant tout, qu'il a écrit «: le Tambour Legrand » et le chaut des « Grrenadiers ^,

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