‹ Henri Heine, penseurChapitre 106 sur 188 · VI, 290 s · texte numérisé non relu

VI, 290 s

3. Correspondances du 14 décembre 1841 et du 20 juin 1842; VI, 277 314 s.

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contemporaine. Ceux qui les observent ont coutume de les regarder par le gros bout de la lorgnette, et alors ils paraissent tout petits et leurs agitations ressemblent aux ébats de puces en délire, mais qu'on les montre dans leur grandeur naturelle et ils apparaissent comme les plus formidables crocodiles qui soient jamais sortis du limon des fleuves ', L'avenir est à eux ; comme les premiers chrétiens ils ont foi dans leur mission; comme eux ils marchent à la conquête du monde avec un farouche fanatisme, avec une sombre fureur de destruction. Ils sont poussés en quelque sorte par une nécessité providentielle, ils sont les instruments prédestinés que la volonté suprême qui régit l'univers emploie pour exécuter ses arrêts. Leur armée toujours croissante sera bientôt grossie par les fouriéristes, parles débris dispersés du Saint- Simonisme -.Ce seront les communistes qui se chargeront de réaUser à leur manière les rêves de Saint-Simon et d'Enfantin, de mettre fin à l'exploitation des pauvres par les riches, de donner à chacun selon ses besoins... Et l'imagination de Heine entrevoit dans les brumes de l'avenir une suite de combats gigantesques : — guerre d'extermination entre l'Allemagne et la France, — guerre européenne aboutissant à une révolte général des prolétaires, — duel à mort entre les déshérités de la fortune et l'aristocratie de la possession, — jusqu'au jour « où il n'y aura plus qu'un seul berger et un seul troupeau, un berger libre avec une houlette de fer, et un troupeau d'hommes également tondus, également bêlants ^». Ce règne du communisme, dénouement de la grande tragédie sociale qui se prépare en Europe, est-il souhaitable ? Heine ne peut se défendre, en face de cette perspective, d'un sentiment de crainte et de répulsion. Il est revenu de son optimisme saint-simonien ; il ne croit plus à l'avènement de celte démocratie de dieux terrestres que devait engendrer le développement de rindustrialisme. Ses vues d'avenir deviennent

i.vr, dSo.

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