‹ Henri Heine, penseurChapitre 109 sur 188 · VI, 372 s · texte numérisé non relu

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tHUidance pour ses protecteurs. Rien même ne nous autorise à croire que Heine ait reçu ce secours « pour ce qu'il n'avait pan écrit », comme Tinsinuait en 1848 la Gazelle d'Attgsbour^ 23 mai), tout en défendant d'ailleurs l'écrivain contre l'accusation de vénalité et de servilisme. Les explications données [)ar Heine sur ce point semblent tout à fait plausibles'. Si vers la fin de 1843, il cesse d'écrire des articles politiques pour la Gazelle et se borne à y faire paraître de loin en loin quelques notes sur le mouvement scientifique et artistique, c'est que, à ce moment, sa foi en Guizot est ébranlée : il le voit incapable de résister aux prétentions royales, désastreusement dominé par la volonté du souverain ; il comprend « la grande, la tragique erreur de cet entêtement autocratique, de ce pernicieux infaiUibilisme " ». Et s'il s'abstient de proclamer publiquement le revirement qui s'est opéré en lui, s'il garde le silence au lieu de dénoncer les bévues par lesquelles un ministère trop complaisant et un monarque aveuglé conduisent à leur perte la France et l'Europe, c'est que des obstacles matériels insurmontables l'empêchent de parler. D'abord la Gazelle cïAugsbourg dont le censeur était tout acquis à la cause de Louis-Philippe aurait sans aucun doute impitoyablement refusé tout article hostile au roi. Puis, en se livrant à des critiques trop franches, Heine se fût exposé non pas seulement à perdre sa pension, mais à se faire purement et simplement expulser de France comme étranger. Peut-on, dans ces conditions, faire un crime à Heine de s'être tu ? Evidemment non. Ce n'était point un parti héroïque, à coup sûr; mais il pouvait du moins s'y arrêter sans aucun déshonneur. L'indulgence de Heine pour le régime de Juillet n'a pas sa source dans l'égoïsme mesquin du pensionné qui craint de se voir couper les vivres. Elle s'explique tout naturellement par les appréhensions du poète en face du flot montant de la llévolution. Sincèrement démocrate, fermement résolu à comjjattre pour le triomphe final de l'idéal socialiste, Heine crai-

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