Lettres, XXI, 363 ; II, 169 ss ; cf
i. Ibid, XXI, 364; XXII, 2.
■y. Sur l'influence de Marx sur Heine, voir Mehring, op. cit.. p. 218. De son côté Heine a exercé une influence sensible sur Marx et Engels dont les œuvres, pendant les années çi/ava/i^e, contiennent de nombreuses citalions de notre poète.
i. Lettres, XXH, 7; cf. Strodtmann,//eùie II, 318; Adler, op. cit., p. 97 ss.
.). Heine publie dans le Vorwarls : 10 janvier, Ait Georg Herwegh; 11 mai, Der Kaiser von C/ima; 1" juin, Zur Beruhigung ; 5 juin. An F. Din- (jelstildl (titre actuel : An den Nachtwâchler] : 15 juin-13 juillet, Der neue
Tété de 1844, il se rencontra, chez Campe, avec le célèbre agitateur communiste Weitling qui venait de passer quatorze mois dans les prisons suisses ou allemandes ^ Pour combattre la réaction piétiste et féodale qui se déchaînait en Prusse, Heine, on le voit, n'hésitait pas à marcher la main dans la main avec les plus redoutables révolutionnaires.
Ses Zeitgedichte et son cycle poétique Deutschland, ehi Wintermârchen sont l'expression de ces dispositions belliqueuses. Heine ne se borne pas, dans ses poésies de circonstances, à cribler des traits acérés de sa redoutable ironie les deux têtes couronnées les plus en vue de TAllemagne, le roi Louis de Bavière et le roi de Prusse Frédéric-Guillaume; il fait entendre parfois. — comme certains républicains tels que Meissner, Becker ou Herwcgh — des accents franchement socialistes. C'est ainsi qu'il nous dira, par exemple, la funèbre chanson des tisserands qui tissent le suaire de la vieille Allemagne, en maudissant les anciennes cro3'ances et les anciennes idoles :
« Maudit soit le faux dieu que nous avons prié, dans le froid de l'hiver et l'angoisse de la faim; en vain nous avons attendu, espéré: il nous a trompés, bafoués, bernés. — Nous tissons, nous tissons. .
. « Maudit soit le roi, le roi des riches, que n"a pu apitoyer notre misère, qui nous a extorqué jusqu'à notre dernier liard et nous fait fusiller comme des chiens. — Nous tissons, nous tissons.
« Maudite soit la patrie décevante, où ne s'épanouit que la honte et lignominie, où toute fleur est bien vite brisée, où le ver prospère dans la pourriture et la poussière. — Nous tissons, nous tissons ^. »
Et, comme les Zeitgedichte, Deutschland est essentiellement un manifeste révolutionnaire. Dès la préface, Heine
Alexander ; 22 juin, Kirchenrat Prometheus, Die verkehrte Welt ; 20 juillet, Doctrin; 24 juillet, Erleuchlung ; 23 octobre-30 novembre, Deutschland, ein Wintermârchen. Presque toutes ces poésies parurent dans le recueil des Neue Gedichte, fin sept. 1844 ; Deutschland avait aussi paru dans la même année comme brochure séparée.
1. Adler, op. cit. p. 80 ; voir le récit de cette entrevue dans les Aveux de Heine (VI, 44) et- dans la lettre à Marx du 21 septembre 1844 (Nassen, Neue Heine-Funde, p. 41).