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lorsqu'elle lui demandait un morceau de pain ^ Ailleurs encore il raconte avec une macabre ironie la triste fin de deux maliieureux qui périssent de froid et de faim dans leur mansarde : « Au malin vint le commissaire et avec lui un brave chirurgien qui constata la mort des deux cadavres. — L'abaissement de la température, expliqua-t-il, combiné avec l'insuffisance d'alimentation, a occasionné le décès de ces deux personnes, ou Ta tout au moins hâté. — A l'entrée des froids, ajouta-t-il, il est de toute nécessité de se garantir au moyen de couvertures de laine ; il recommanda aussi une nourriture hygiénique ^ » Et à l'entrée du cycle de Lazare, il place cet aphorisme cruel sur le Cours des choses dans la société moderne : « Si vous avez beaucoup, il vous sera donné beaucoup en sus. Si vous n'avez que peu de chose, on vous prendra ce peu. Mais si tu n'as rien du tout, ah ! fais-toi enterrer, car ceux-là seuls, ô gueux, ont droit de vivre qui ont quelque chose ■\ »
Et la maladie qui dissolvait lentement le corps du poète et l'inclinait de plus en plus vers le pessimisme, désagrégeait en même temps sa conception de la vie. Pendant les années de sa maturité, Heine avait cru trouver dans le Saint-Simonisme une religion qui donnait satisfaction aux aspirations multiples de sa nature, qui résolvait les grandes antinomies de l'existence, conciliait aisément la raison et le sentiment religieux, la matière et l'esprit, l'individualisme et le socialisme, le culte de la beauté et l'utilitarisme démocratique. Or il lui apparaît maintenant sur son lit de douleurs, que ces théories qui l'avaient enchanté jadis ne convenaient plus à sa situation présente, que son panthéisme saint-simonien était une religion d'homme heureux, un mirage qui ne résistait pas à l'épreuve de la souffrance. 11 croit découvrir qu'il est très vain de chercher une synthèse du sensualisme païen et du spiritualisme chrétien, que le prétendu panthéisme de Hegel ou des Saint-Simo-