‹ Henri Heine, penseurChapitre 122 sur 188 · II, 121SS · texte numérisé non relu

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niens n'est en réalité qu'un athéisme déguisé, qu'il faut, en définitive, choisir franchement entre le déisme et l'athéisme. Et Heine opte pour le déisme, il se « convertit ». Dans son testament de 1848, il avait encore proclamé hautement son irréligion radicale : « Par acte de baptême, disait-il, j'appartiens à rÉgiise chrétienne et évangélique, mais ma pensée n'a jamais S3'mpathisé avec les croyances d'aucune religion et après avoir vécu en bon païen, je désire aussi mourir sans que le sacerdoce soit convié à mes funérailles \ » Mais dès le mois de mars 1848 il raconte à Fanny Lewald que la nuit, pendant ses douloureuses insomnies, il a des entretiens parfois très sérieux avec le vieux Jéhovah où ce dernier lui dit : « Mon cher docteur, soyez tout ce que vous voudrez, républicain ou socialiste, mais pas athée ^ ». En janvier 1849, sa conversion est un fait accompli. Il en cause avec Alfred Meissner : « Vraiment, lui dit-il, il s'est produit chez moi un retour vers la religion. Est-ce la faute à la morphine ou aux cataplasmes ? je ne sais ! Mais cela est ainsi. Je crois de nouveau au Dieu personnel. \'oilà où Ton en arrive quand on est malade, malade à en mourir et tout à fait démoli ! Ne m'en faites pas un crime ! Si le peuple allemand dans sa détresse accepte le roi de Prusse, pourquoi ne devrais-je pas accepter le Dieu personnel?... Ecoutez une grande vérité : Là où il n'y a plus de santé, plus d'argent, plus de raison humaine — là commence le christianisme^ ». Vers la môme époque il confie aussi à Mignet le secret qu'il n'a avoué jusqu'alors qu'à sa garde-malade et à quelques femmes distinguées : il a abjuré l'athéisme allemand, il est sur le point de rentrer dans le bercail de la foi en Dieu la plus banale ; il a découvert qu'un peu de religion ne peut pas faire de mal à un pauvre homme surtout quand il est couché sur le dos depuis sept mois; s'il ne croit pas encore tout à fait au ciel,

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