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rossignols, ces chanteurs inutiles, seront chassés, et, hélas ! mon Livre des chants servira à Fépicier pour en faire des cornets où il versera du café ou du tabac à priser pour les vieilles femmes de l'avenir \ »
Le même pessimisme las et découragé se fait jour aussi dans les idées religieuses de Heine.
A l'époque où il écrivait De r Allemagne, Heine, tout en séparant déjà très nettement sa cause de celle de l'athéisme, faisait néanmoins aUiance avec lui contre le christianisme et le déisme. Il montrait le parallélisme de la révolution philosophique en Allemagne et de la révolution politique en France. Il divulguait le (( secret d'école » des métaphysiciens allemands, ce secret redoutable, enveloppé de formules scolastiques et connu seulement des initiés de première classe : à savoir que la philosophie allemande n'est pas, comme le croient volontiers les profanes « un certain brouillard mystique dans lequel la divinité était cachée comme dans un sanctuaire de nuages », mais qu elle fait au contraire une guerre à mort au christianisme, arrache avec un zèle impie le voile bleu du ciel allemand et conclut par la bouche de ses représentants les plus conséquents : « Voyez, toutes les divinités se sont enfuies, et là-haut ne réside plus qu'une vieille femme aux mains de fer et au cœur désolé : la Nécessité ^ » — Mais si Heine répudiait expressément le « matérialisme » des révolutionnaires français et 1' « athéisme » d'un Kant ou d'un Fichte, il était néanmoins d'accord avec eux pour constater que le Dieu des chrétiens et des déistes est mort et qu'il est superflu de tenter de le ressusciter. En 1843 encore il assurait qu'en théorie le christianisme est définitivement vaincu ; il le comparait à une mouche dont on a coupé la tête et qui continue à vivre d'une vie purement mécanique^ à voler çà et là comme si de rien n'était ^
Ses sentiments, cependant, se modifient insensiblement,