‹ Henri Heine, penseurChapitre 19 sur 188 · Hennequin, Écrivains francisés, Paris 1889; p · texte numérisé non relu

Hennequin, Écrivains francisés, Paris 1889; p

vent qui passe, aux étoiles qui brillent indifférentes et froides, la solution du mystère éternel de la destinée humaine ' ! Et le poète se laisse aller, parfois, à des pensées de désespoir. Il se demande si la terre ne serait pas une maison de fou ou un lazaret. Il lui semble qu'il ait percé les voiles de l'universelle illusion : sous la chaste rougeur de la vierge, il devine l'impudique désir qui frémit en secret ; sous le front enthousiaste du jeune homme, il entend tinter les grelots de la folie; sous le manteau diapré dont le printemps revêt la terre, il voit les morts couchés dans leurs cercueils étroits, les mains jointes et les yeux ouverts, avec leurs faces pâles et leurs blancs suaires, et les vers jaunes qui grouillent sur leurs lèvres. Et dans une vision d'apocah'pse il aperçoit les Titans qui escaladent le ciel et se ruent sur l'univers, jusqu'à ce que, dans un immense cri d'horreur, le ciel et la terre s'écroulent et que règne de nouveau l'antique nuit^ !

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