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l'aversion invétérée du juif pour le christianisme. La cause juive se confond de plus en plus dans son esprit avec la cause démocratique. Ce qu'il hait, ce n'est pas le christianisme en tant que religion, c'est l'esprit du passé, le romantisme politique et rehgieux; c'est lui qui opprime les juifs comme il opprime le peuple. Que les juifs, dit Heine, ces parias de la société moderne, fassent donc cause commune avec tous les déshérités; car ils sont à présenties victimes non plus tant d'un préjugé religieux ou d'une haine de races, que d'une iniquité sociale. Leurs adversaires sont les hommes qui détiennent aujourd'hui le pouvoir, les mômes qui prétendent tenir l'Allemagne entière en tutelle, qui cherchent à étouffer partout la liberté de penser et de parler. Et ils n'en ont point d'autres, en réalité. Car dans les classes supérieures, l'antipathie contre les juifs n'a plus aucune racine rehgieuse; et dans les classes inférieures, elle se transforme de jour en jour davantage en colère sociale contre la puissance usuraire du capital, contre l'exploitation des pauvres par les riches. « Les juifs, conclut-il, devraient finir par comprendre qu'ils ne pourront être réellement émancipés que lorsque l'émancipation des chrétiens eux-mêmes sera complète et définitive. Leur cause est identique à celle du peuple allemand, et ils ne doivent pas désirer comme juifs ce qui leur était dû depuis longtemps comme fils de l'Allemagne \ »
Bien loin que Heine ait été toute sa vie un adversaire irréconciliable du christianisme, nous le voyons, au contraire, dans sa jeunesse, marquer une sympathie très vive pour le catholicisme. On a même pu se demander s'il n'avait pas été, à un moment donné, tout près de se convertir. Né dans une ville très catholique, élevé au lycée de Dusseldorf par des prêtres éclairés et tolérants qui s'occupèrent avec zèle de la