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culture de son intelligence et auxquels il garda toute sa vie un souvenir reconnaissant, Heine semble bien avoir traversé pendant son adolescence une crise plus ou moins aiguë de religiosité romantique. Les pompes du culte catholique, surtout le spectacle imposant des processions qui défilaient devant la maison paternelle — le père de Heine, en commerçant avisé, s'était engagé à élever un autel devant sa maison à Toccasion de ces cérémonies — firent une vive impi-ession sur l'imagination de Fenfant. Devons-nous croire, comme il le raconte % qu'il fut un temps où il baisait la main à tous les capucins qu'il rencontrait? Admettrons-nous que, comme le Maximilien des Nuits florentines ", il fréquentait assidûment l'église, qu'il était prêt, comme certain chevalier espagnol, à combattre à mort tous les jours en l'honneur de l'immaculée conception de Marie, reine des anges, dame du ciel et de la terre, qu'il s'intéressait beaucoup à la Sainte Famille, et tirait son chapeau avec grand empressement chaque fois qu'il passait devant une image de saint Joseph? Croirons-nous, surtout, que comme le relatent les Aveux du poète % le recteur Schallmeyer aurait sérieusement conseillé aux parents de Heine de destiner leur fils à l'Eglise et de l'envoyer étudier la théologie catholique dans un séminaire de Rome, que la mère du poète aurait rejeté cette proposition par préjugé rationaliste et par antipathie pour le disgracieux costume des ecclésiastiques rhénans, mais qu'elle aurait plus tard amèrement regretté « de n'avoir pas suivi le conseil de ce vieil ami plein de sagacité, qui avait pénétré de bonne heure les penchants de mon caractère, et qui avait bien compris quelle température spirituelle et physique était la mieux adaptée et la plus salutaire à ma nature * ? » — Il est permis de supposer que Heine aura quelque peu embelli la réalité et de douter que ses velléités nwstiques aient jamais eu un caractère bien sérieux. 11