‹ Henri Heine, penseurChapitre 38 sur 188 · VI. 67 s · texte numérisé non relu

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tianisme dilué à dose homéopathique. Le brave Hirsch-H3"acinthe constate que cette rehgion raisonnable, claire comme un verre d'eau, ne fait point de mal, mais ne fait pas de bien non plus : pour expérimenter son efficacité, Hirsch a joué à la loterie d'Altona les numéros des psaumes affichés le dimanche au temple ; or aucun n'est sorti ! Comment prendre au sérieux une pareille religion ' ! Si cependant Heine s'est fait protestant, ce n'est pas seulement par un motif d'intérêt personnel, parce que le protestantisme était la croyance dominante en Prusse où il cherchait à se faire une situation ; c'est aussi parce qu'il voyait dans la Réforme l'origine de la grande croisade pour l'émancipation des esprits, le point de départ de la Révolution allemande, et appartenait ainsi à la confession luthérienne, « non seulement par acte de baptême, disaitil. mais aussi par un enthousiasme batailleur, qui le faisait prendre part aux luttes de cette Eglise mihtante " ».

Xous le voyons, maintenant, dans un passage célèbre de la Mer du Nord^, protester au nom de la liberté de pensée contre l'oppression spirituelle que l'Église romaine voudrait perpétuer en Europe. Il rend assurément hommage à la grande œuvre accomplie par l'Eglise chrétienne du mo3en âge. Il constate qu'en prenant sous sa tutelle tous les rapports sociaux et toutes les manifestations de la vie, en aspirant à dominer à la fois l'homme physique et l'homme moral, elle a assuré pendant longtemps l'unité spirituelle du monde occidental, « On ne saurait révoquer en doute que beaucoup de bonheur paisible n'ait été fondé par ce moyen ; que l'existence humaine n'ait à cette époque pris un développement plus fervent et plus intime, et qu'en même temps les arts, semblables à des fleurs silencieusement écloses, n'aient déployé alors cette magnificence que nous admirons encore aujourd'hui et que notre science inquiète et précipitée ne saurait imiter. » Mais. cette félicité fondée sur le mensonge et la servitude n'est pas

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