‹ Henri Heine, penseurChapitre 42 sur 188 · m, aûl · texte numérisé non relu

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Tempreinte profonde du romantisme qui avait séduit sa jeunesse.

Notons d'abord que cet anti-chrétien n'est nullement un « païen » à la façon d'un Gœthe ou d'un Nietzsche. Ses sympathies pour l'antiquité classique sont des plus tièdes. Au temps où il faisait ses humanités au lycée de Dusseldorf, il avait trouvé, disait-il, grand plaisir à connaître « ces beaux dieux tout nus qui gouvernaient si joyeusement le monde » et il était plus ferré qu'aucun écolier de l'ancienne Rome sur les amours de Vénus. Mais les langues anciennes le rebutaient fort : il trouvait le grec une a invention du diable et déclarait que si les Romains n'avaient pas eu la bonne fortune de savoir le latin au berceau, ils n'auraient jamais eu de temps de reste pour conquérir le monde'. Ce ne sont là évidemment que des boutades, mais elles laissent voir combien peu Heine avait l'âme classique. Artiste passionné, il adorait certes la beauté. Sensualiste ardemment épris de vie et de bonheur, il prenait parti contre les « tristes dieux » du christianisme pour les Olympiens et « leur bon droit parfumé d'ambroisie ». Mais il n'aime guère, au fond, ces divinités joyeuses dont le rire inextinguible retentissait dans les célestes banquets et qui, dans les batailles des hommes prirent toujours le parti des vainqueurs. S'il se range de leur côté, c'est parce que, « dans les combats des dieux, il prend le parti des dieux vaincus », c'est parce qu'il a pitié de leur triste destinée lorsqu'il les voit errer là-haut dans le ciel, à l'heure de minuit, déchus de leur antique gloire, « ombres mortes et errantes, images nébuleuses que le vent disperse effrayées. » Mais au temps de leur splendeur, ces « dieux gaillards qui ne connaissaient pas la douleur », ces dieux sans amour et sans pitié ne l'attiraient guère : « C'étaient, disait-il, des dieux de jours de fête, autour desquels on dansait gaiement, mais auxquels on ne pouvait adresser que des actions de grâce. » Et quand, dans l'assemblée des Olympiens, cnlia le Juif pâle, dégouttant de sang,

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