‹ Henri Heine, penseurChapitre 46 sur 188 · VI, 66. Cf. p. 57, note · texte numérisé non relu

VI, 66. Cf. p. 57, note

comme volontaire, avec ses camarades de classe, pour faire campagne contre Napoléon après le retour de l'île d'Elbe. L'année suivante il se réjouit d'avoir rencontré chez son oncle Salomon, « le splendide, homérique et divin Bliicher' ». A l'université de Bonn, il se plonge avec ardeur dans l'étude du passé germanique, travaille l'histoire de la langue allemande avec Schlegel, commente avec Arndt la Germanie de Tacite, fait du droit germanique avec Htillmann, de l'histoire primitive des Germains avec Radloff, se passionne pour l'architecture allemande que lui fait connaître Hundeshagen. A Gottingen il fréquente les cours du germaniste Beneke sur le vieil allemand et s'indigne de ce que, sur 1 300 étudiants, neuf seulement montrent de l'intérêt pour les reliques spirituelles du passé germanique. A Berlin il a dû suivre les cours d'ailleurs médiocres de Zeune sur le Nihelungenliea' Le moyen âge le passionne. Dans son article de 1823 sur la Pologne, il déplore que les Allemands se désintéressent de leur passé et négligent l'étude des anciens monuments de l'histoire et de l'art allemands : « Puisse bientôt venir le temps, s'écrie-t-il, où Ton rendra justice au moyen âge aussi, où il ne se trouvera plus un plat apûtre des lumières pour dresser l'inventaire de toutes les parties d'ombre de ce tableau grandiose à seule fin de faire ainsi compliment à sa propre époque ; où aucun scolar érudit ne se livrera plus à un parallèle entre la cathédrale de Cologne et le Panthéon, entre le Nihelungenlied et VOdyssée, où l'on comprendra les splendeurs du moyen âge dans leur synthèse organique, où on ne les comparera plus qu'entre elles, et où l'on appellera le Nibelungenlied une cathédrale en vers et la cathédrale de Cologne un Nibelungenlied de pierres. » — Nombre des poésies de jeunesse de Heine sont écrites dans le jargon patriotique de l'époque. L'une des plus curieuses à cet égard est son poème de 1813 sur X Allemagne .'il est amusant de voir Heine parler sur un ton de conviction profonde de « l'enfer rusé et malin »

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