‹ Henri Heine, penseurChapitre 50 sur 188 · Lettres, XIX, 50 s · texte numérisé non relu

Lettres, XIX, 50 s

liberté, pour que je ne sois pas pris de dépit en voyant dans leur pauvreté et leur grisâtre insignifiance nos mirmidons hâbleurs, héros lilliputiens de la liberté. Dans mon âme, Tamour de l'Allemagne et la vénération de la magnificence allemande est trop vivace, pour que je puisse môme mêler ma voix au bavardage insensé de ces hommes de rien, qui font étalage de sentiments teutons, et souvent je me sens comme une démangeaison convulsive d'arracher d'une main hardie aux suppôts du vieux mensonge l'auréole qui entoure leur tête, et de tirer la peau du lion, — parce que je suppose qu'elle recouvre un âne \ »

Désormais nous le voyons persifler dans presque tous ses ouvrages la teutomanie et ses héros. Ici il s'attaque au « père Jahn », l'apôtre de la gymnastique en qui il voit un pitre ridicule et lâche qui pose pour la grossièreté et fait du patriotisme un métier lucratif-. Ailleurs il s'en prend au germaniste Massmann dont il raille le nez camard, le pourpoint ieutonique, les mains sales et qu'il décrit comme le type du démagogue teutomane, inofîensif grotesque qui a sans cesse à la bouche Arminius le Chérusque et M"" Thusnelda son épouse, déclame à tout propos contre la Babylone moderne, contre l'invention du savon, contre la grammaire grecque païenne ou la mode des gants, et n'a pas son pareil pour faire des tours à la barre fixe, cataloguer les variantes des vieux poèmes tudesques et ramper bassement devant les puissants du jour\ — A tout instant Heine décoche quelque pointe contre ces « fous à livrée noire » qui font des grimaces si lugubres en se livrant aux pratiques de leur gymnastique patriotique que les gouvernements prennent peur et les met-

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