‹ Henri Heine, penseurChapitre 51 sur 188 · VII, S92, 183, 587 s · texte numérisé non relu

VII, S92, 183, 587 s

3. m, 220 ss. La description que Heine donne de Massmann n'est exacte que par certains détails extérieurs ; pour l'essentiel elle ne paraît pas répondre à la réalité. 11 ne faut donc pas considérer le Massmann de Heine comme un portrait individuel mais comme un lype en qui le poète a incarné tous les travers et les vices qu'il haïssait chez les Teutomanes. Voir G. Karpeles, op. cit., p. 107 ss. ; cf. E. Euler et R. Ilarstein, //. F. Massviann. Berlin, 1902.

lent sous clef^ contre ces pseudo-démagogues ignorants et encore plus pédants qui aiment mieux brûler les livres que les lire, qui dissertent doctement sur les signes caractéristiques des Germains de race pure et dressent d'avance leurs listes de proscription pour le jour où ils arriveront au pouvoir. Il les tient non point pour des champions de la liberté, mais pour des romantiques attardés. A la fête de la Wartbourg où le teutonisme célébrait ses saturnales, « le passé croassa son obscur chant de corbeau et, à la lueur des torches, on fit et dit des sottises dignes du moyen âge le plus imbécile- ». Dans son antipathie pour ces grotesques du patriotisme, Heine se laisse entraîner, en fin de compte, à médire aussi du patriotisme sincère. Le sentiment national des combattants de 1813 ne lui parait pas, à tout prendre, beaucoup plus respectable que les rodomontades d'un Jahn et de ses pareils. Il en vient à tourner en ridicule toute l'époque de la guerre de délivrance, les mauvaises poésies, Hermann et Thusnelda, Hurrah ! et l'association des dames patriotiques, et les glands du chêne national, et les interminables vanteries sur la bataille de Leipzig, et les images où Ton représentait avec une édifiante maladresse les augustes chefs des armées s'agenouillant sur le champ de bataille. Il compare les Allemands victorieux de Napoléon à des écoliers qui ne se tiennent pas de joie d'avoir rossé une fois par hasard le maître d'école ; et il se demande s'il n'aurait pas mieux valu, au fond, qu'ils eussent eux-mêmes reçu les coups ^ L'élan patriotique de la nation lui paraît une duperie. En 1813 quand le pays gémissait sous le joug des étrangers, les rois ont appelé leurs peuples aux armes en leur promettant la liberté comme prix de la victoire ; et le peuple s'est levé, et il a balayé l'inva-

±. VII. 94 s. Cf. III, 368 : «... da entstaiid eine schwarze Sekte, die von Deutschheit. Volksthum und L'reichelfrassthum die narrischsten Traume ausheckte und durch noch narrischere Mittel auszufùhren dachte. Sie waren iiicht unwissend, denn sie hatten ailes gelesen. Sie waren vielseitie in der Beschrânktheit. Sie waren durchaus keinefranzôsisch-oberfiachliche demagogen. Sie waren grûndlich, kritisch, historisch... »

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