‹ Henri Heine, penseurChapitre 59 sur 188 · ni · texte numérisé non relu

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ment le césarisme, mais bien cette religion de la Raison et de la Liberté dont nous avons défmi plus haut les caractères principaux, et dont il nous reste maintenant à préciser le contenu. L'ennemi auquel il déclare la guerre, au point de vue politique comme au point de vue religieux, c'est « l'esprit égyptien » qui élève au pouvoir les deux castes privilégiées des prêtres et des guerriers. L'histoire universelle lui apparaît comme la grande révolte du peuple contre la puissance de cette hiérarchie spirituelle et temporelle for-mée par l'alliance de rÉghse romaine et de la noblesse féodale \ La Renaissance et la Réforme marquent la première phase de ce gigantesque combat. La « magie noire » — l'imprimerie et la poudre — sert de talisman contre les plaies d'Egypte. L'imprimerie détruit l'édifice des dogmes oîi le pontife romain emprisonnait les esprits; la poudre, en faisant du vilain l'égal du seigneur — « un fusil bourgeois tue aussi bien qu'un fusil noble » — met fin à la suprématie militaire de la caste guerrière. En Allemagne comme en Angleterre le peuple se soulève au nom des principes de liberté et d'égalité. Mais le mouvement avorte. La noblesse allemande étouffe dans le sang la révolte des paysans. Et si en Angleterre la lutte ne se termine pas par un désastre aussi complet, Tédifice des vieilles institutions civiles et politiques n'en reste pas moins debout, la domination des castes se maintient jusqu'à l'époque présente, l'esprit du moyen âge subsiste encore, à peine atténué çù et là par les lumières de la civilisation moderne. — Mais en 1789 la France à son tour entre en lice. De même que jadis le prédicateur de la montagne s'était élevé contre l'aristocratie de Jérusalem et avait prêché la nécessité d'une régénération totale de la société, ainsi « les prédicateurs montagnards plus modernes annoncent, de la hauteur de la Convention à Paris, un évangile tricolore, par quoi non seulement la forme de l'Etat mais toute la vie sociale devaient être non pas replâtrées mais refaites à neuf avec des fondements neufs ou complè-

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