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SES IDKliS RELIGIEUSES ET POLITIQUES AVANT 1831 91
tement régénérées ». On a calomnié la Révolution; on l'a représentée comme « un effroi des rois et un épou vantail des peuples », on a exhibé dans toutes les foires des images hideusement coloriées de la guillotine. Heine ne se laisse pas impressionner par cet étalage d'horreurs : « On ne peut nier, dit-il, qu'on ait employé trop souvent cette machine qu'inventa un médecin, célèbre orthopédiste, M, Guillotin; mais du moins on n'a pas longtemps tourmenté, torturé, roué les patients, comme on avait jadis tourmenté, torturé et roué mille et mille roturiers, vilains, bourgeois et paysans dans le bon vieux temps. Que les Français aient, à l'aide de cette machine, amputé le chef suprême de leur Etat, cela est certainement affreux, et l'on ne sait si l'on doit, à raison de ce fait, les accuser de paricide ou de suicide; mais, en réfléchissant aux circonstances atténuantes, nous trouvons que Louis de France fut moins une victime des passions que des événements, et que ces mêmes gens qui poussèrent le peuple à une pareille action, et qui ont eux-mêmes en tout temps versé le sang des princes en plus grande abondance, ne devraient pas paraître comme de bruyants accusateurs. Le peuple n'a sacrifié que deux rois, tous deux plutôt rois de la noblesse que du peuple, et cela non dans un temps de paix, non pour de vils intérêts, mais au milieu des plus affreuses calamités de la guerre, quand il se vit trahi, et pendant qu'il épargnait le moins son propre sang; mais certainement plus de mille princes tombèrent traîtreusement sacrifiés à la cupidité ou à de frivoles intérêts, par le poignard, par le glaive et par le poison de la noblesse et des prêtres. On dirait que ces castes mettent le régicide au nombre de leurs privilèges, et qu'elles étaient par cela même intéressées à déplorer la mort de Louis XVI et de Charles P'". Oh ! si les rois pouvaient enfin comprendre que, rois du peuple, ils vivraient beaucoup plus en sûreté sous la protection des lois que sous la garde meur-, trière de leurs barons et genlillâtres \ » — L'œuvre de la