‹ Henri Heine, penseurChapitre 67 sur 188 · Lettres XX · texte numérisé non relu

Lettres XX

BLIOTHECA

Dans les premiers jours du mois de mai 1831, Heine débarquait à Paris. Il nélait ni proscrit ni fugitif. Il était parti, parce qu' « une main puissante » lui avait fait signe qu'il était temps pour lui de séloigner et parce qu'il ne se sentait plus ni à l'aise ni en sécurité dans sa patrie « où il n'avait à attendre que luttes et détresses, où il ne pouvait dormir tranquille, où on lui empoisonnait toutes les sources de la vie' ». Las de solliciter sans succès une position qui lui permît de vivre, inquiet des conséquences fâcheuses que pouvaient avoir pour lui les vivacités de langage dont fourmillaient ses derniers écrits, ils'était spontanément exilé. Non sans quelque mélancolie assurément — il se plaint dans une de ses premières lettres, en parodiant le mot célèbre de Danton, « qu'il serait facile de fuir si l'on n'emportait pas la patrie à la semelle de ses souliers m, — mais sans déchirement ni regrets trop cuisants. Paris l'attirait. Paris où venait de luire le « soleil de juillet », la ville de liberté, où du moins il pourrait dire tout haut, sans crainte des censeurs et des gendarmes prussiens ce qu'il était obligé d'atténuer ou de garder prudemment au fond du cœur en Allemagne. Il ne lui déplaisait pas de s'en aller en pèlerinage comme venaient de le faire nombre de ses compatriotes, Borne, Maliitz, Michel Béer

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