‹ Henri Heine, penseurChapitre 70 sur 188 · VII, 306 cf. IV, 569 et V · texte numérisé non relu

VII, 306 cf. IV, 569 et V

dans sa maison de Ménilmontant. où. pour préparer ses di^"ciples à l'apostolat religieux, il les cloître à Técart du monde et les habitue au travail manuel, à la vie des prolétaires. Quelques mois après, l'église qui se croyait appelée à réformer le monde, recevait le coup de grâce. Les 27 et 28 août 1832 se déroulait le procès des derniers Saint- Simoniens, traduits devant les cours d'assises 'sous la prévention d'association iUicile et d'outrage aux mœurs : Enfantin et deux de ses disciples se voyaient condamnés à un an de prison et 100 francs d'amende. — Ce dénouement ne dut guère surprendre Heine qui, dès le mois de mai 1832, estimait que le rôle actif des Saint-Simoniens était terminé : « Il esl peut-être très profitable, écrivait-il à cette époque, que les Saint-Simoniens se soient retirés de la scène ; la doctrine tombera en des mains plus avisées. La partie politique surtout, la question de la propriété, sera mieux élaborée. Pour moi, je n'ai proprement d'intérêt que pour les idées religieuses qui n'avaient besoin que d'être exprimées pour être réalisées. L'Allemagne luttera le plus énergiquement du monde pour le spiritualisme; mais l'avenir est à ?ioi(s\ » Les persécutions dont les Saint-Simoniens étaient victimes ne firent d'ailleurs que ranimer les sympathies de Heine à leur endroit. Sans partager toutes leurs idées, il ne pouvait admettre en aucune façon qu'ils fussent justiciables d'un tribunal correctionnel. Ils devenaient à ses yeux des martyrs de la bonne cause, comme les insurgés de la rue Saint-Merr^- ; il voyait en eux le parti le plus avancé de l'émancipation humaine, terrassé par les gendarmes et les courtisans de la vieille société; et sans redouter môme le ridicule dont leur cause était quelque peu entachée, il prit résolument le parti de ces vaincus qu'on bafouait sans merci dans les journaux et dans le monde. Dans son livre De r Allemagne, dont la première édition est dédiée à Prosper Enfantin en Egypte, \\ proclame qu'il est heureux de « communier avec lui à travers l'espace- » et expose des théories à bien des

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