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20 HENRI HEINK PENSEUR
commence par ambitionner pour lui « les épauleltes les plus dorées ou les charges les plus brodées à la cour de l'Empereur ' » ; et elle lui fait donner en conséquence au lycée de Dusseldorf une éducation classique qui doit le préparer à la carrière administrative. Au printemps de 1813, tout est changé. Samson Heine a-t-il fait de mauvaises affaires et ne peut-il plus faire les sacrifices nécessaires pour continuer l'éducation de son fils ? Ou bien craint-il que l'esprit indépendant et frondeur du jeune Harry ne le fasse échouer dans une carrière libérale? On ne sait trop. Toujours est-il qu'il est retiré du lycée, placé à l'école de commerce de Yahrenkampf, puis, en IHHj, mis en apprentissage d'abord à Francfort chez le banquier Rindskopf, ensuite dans une maison d'épicerie en gros, enfin à Hambourg chez son oncle Salomon, le fameux millionnaire. 11 ne tarde pas à démontrer son incapacité radicale pour le commerce : mis à la tète d'une maison de commission en produits manufacturés anglais sous la raison sociale Harry Heine et C'% il y reste juste le temps suffisant pour faire de mauvaises affaires, prendre en grippe la prosaïque république de Hambourg où règne le dieu Banco, et contracter une horreur profonde pour le négoce jointe à beaucoup de mépris pour ceux qui s'y livrent. Ainsi «la bulle de savon mercantile creva plus vite encore et plus lamentablement que la bulle impériale - » .
Voyant son neveu incapable de s'enrichir dans les affaire?, l'oncle Salomon lui offre généreusement de subvenir aux frais de ses études universitaires à condition qu'il s'oriente vers une carrière productive et se prépare à exercer un jour le métier d'avocat à Hambourg. Le voilà donc, étudiant à Bonn d'abord, puis à Guttingen le droit qui ne lui inspire pas beaucoup plus d'enthousiasme que le négoce. Il regretta plus tard amèrement d'avoir consacré sur les sept ans qu'il passa à l'Université trois des plus belles années de sa vie à étudier « la casuistique romaine, la jurisprudence, la plus