‹ Henri Heine, penseurChapitre 84 sur 188 · VI. 570 s., cf, V · texte numérisé non relu

VI. 570 s., cf, V

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rieux, dans la cour du Louvre. Mais la bête qui se prélassait là sous les drapeaux tricolores et les trophées, et se laissait paisiblement donner la pâtée n'était plus le vrai Médor : « C'était une bête tout ordinaire qui s'arrogeait le droit dje se

faire servir et qui, comme tant d'autres exploitait la gloire

de la révolution de Juillet... Il était choyé, protégé, élevé peuf-ètre aux plus hautes dignités, tandis que le vrai Médor, quelques jours après la victoire, s'était retiré modestement et sans bruit, comme le vrai peuple qui a fait la révolution '. » Heine critique donc avec une âpre ironie la monarchie de Juillet et sa politique. H n'a que mépris et antipathie pour ce règne de la ploutocratie qui succède à la domination de la noblesse, pour ce régime de banquiers, de propriétaires et de boutiquiers qui mène la France à sa perte. Il constate que « jamais la France n'a été aussi bas aux yeux de l'étranger, pas même dans le temps de la Pompadour et de la Dubarry », que le règne de l'argent est pire, somme toute, que le règne des maîtresses et « qu'on peut trouver encore plus d'honneur dans le boudoir d'une femme galante que dans le comptoir d'un banquier ». Il compare les Français à ces damnés de l'Enfer de Dante auxquels leur état présent était devenu tellement intolérable qu'ils souhaitaient d'en être délivrés à tout prix, dussent-ils tomber dans une condition pire encore : les républicains en sont venus à préférer la légitimité et les légitimistes la république « à l'espèce de bourbier juste-milieu qui se trouve entre les deux camps et dans lequel tous demeurent maintenant empêtrés' ». Quand le peuple de

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