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grand nom dans l'histoire, « non pas seulement comme chef d'une nouvelle dynastie, mais aussi comme fondateur d'une nouvelle ro^^auté, la royauté bourgeoise, qui changera la face du monde ». Des Bourbons au contraire il n'y a rien à attendre : la France rajeunie ne peut plus appartenir à ces revenants du passée
Peut-elle encore être conquise par le bonapartisme ? Heine en doute fort. Certes il conserve intact son culte pour Napoléon. Il est môme fort aise de pouvoir maintenant prouver par raisons démonstratives que son grand homme était au fond un excellent Saint- Simonien et que sa domination avait été parfaitement légitime : « Arrivé qu'il était, par sa supériorité intellectuelle, à la suprême puissance, il n'avançait que le règne des capacités et avait pour but le bien-être physique et moral de la classe la plus nombreuse et la plus pauvre. Il régnait moins au profit du tiers état, de la classe moyenne, du juste milieu, que dans l'intérêt des hommes dont la richesse tout entière est dans le cœur et dans les bras : son armée était une hiérarchie dont les gradins d'honneur n'étaient occupés que par le mérite personnel et par la capacité. Le moindre fils de paN^san y pouvait, aussi bien que le gentilhomme de la race la plus antique, obtenir les dignités les plus élevées, et gagner de l'or et des étoiles d'honneur \ » Heine constate dès lors sans déplaisir l'immense popularité que Napoléon a gardée en France. Il est « le seul héros auquel les Français croient encore ; » son image « est suspendue dans la cabane de tous les paysans'; » à Paris « l'on voit son image partout, en estampe, en plâtre, en métal, en bois et dans toutes les situations; » les orateurs de carrefours et les chanteurs populaires redisent ses hauts faits; il n'est pas jusqu'aux estropiés qui ne mendient un sou « au nom de Napoléon -^ ». Mais si l'artiste aristocrate qu'est Heine s'étonne que le peuple français qui acclame aujourd'hui le pauvre