‹ Henri Heine, penseurChapitre 88 sur 188 · V, 40 (passage supprimé dans la traduction française · texte numérisé non relu

V, 40 (passage supprimé dans la traduction française

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lismc comme un danger sérieux pour la monarchie de Juillet; il compare le régime du juste milieu à l'époque du Directoire et prédit qu'on assistera tôt ou tard à un 18 brumaire où « l'homme véritable entrera au milieu des puissants devenus pâles et leur annoncera la fin de leurs pouvoirs' ». La mort du duc de Reichstadt en 1832 met fin, sans doute, aux espérances de ceux qui croyaient à la résurrection charnelle de rimpérialisme guerrier. Mais loin de rendre impossible une réaction césarienne, elle ouvre au contraire l'avenir le plus brillant aux bonapartistes qui « croient à une résurrection par la transmission de l'esprit napoléonien », à ceux pour qui le bonapartisme n'est que l'idée d'un monarchisme à la plus haute puissance et employé au profit du peuple : « Quiconque aura cette force et l'emploiera ainsi sera appelé Napoléon II. De même que César donna son nom à l'autorité même, ainsi le nom de Napoléon désignera désormais un nouveau pouvoir de César, auquel a droit celui-là qui possède la capacité la plus grande et la meilleure volonté -. w

Hostile aux légitimistes, défiant vis-à-vis des bonapartistes, Heine estime les républicains mais ne croit pas à leur succès. Moitié par politique, pour ne pas s'exposer aux rigueurs de la censure et des gouvernements, moitié par conviction il se pose en loyal monarchiste. Certes il ne marchande pas son admiration aux insurgés de juin : il rapproche du combat des Thermopyles la lutte inégale qu'une soixantaine de républicains soutinrent à l'entrée des rues Saint-Merry et Aubry-Ie- Boucher contre soixante mille hommes de la ligne et de la garde nationale; il assure que ce combat appartient aux faits les plus héroïques de l'histoire moderne ; il admire la vaillance et la sincérité de ces amis de la liberté qui, pour n'avoir pas voulu crier Vive Napoléon ! ont irrémédiablement compromis le succès de leur cause auprès du peuple de Paris ; il va jusqu'à dire, après avoir raconté comment ils étaient morts en héros pour la belle folie d'un avenir

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idéal : « Il m'aurait été plus agréable que moi et tous mes confrères en modération nous fussions morts à la place des j^ républicains'. » Mais il ne partage pas, somme toute, leurs 'j convictions. Il voit en eux les descendants de ces montagnards intransigeants de la Convention, des Robespierre et des Saint-Just qui, au nom du rigorisme de Rousseau, s'élevèrent de si terrible façon contre la corruption des mœurs et la légèreté voltairienne. Vaincu en thermidor, le parti de Rous- ; seau s'est réfugié depuis dans les faubourgs Saint-Antoine ^ et Saint-Marceau ; il s'incarne de temps en temps sous les traits d'un Garnier-Pagès, d'un Cavaignac ou de ces nobles républicains qui se lèvent parfois comme apôtres et mart^TS . de l'évangile de liberté : « Je ne suis, dit Heine, pas assez' vertueux pour pouvoir jamais me joindre à ce parti; mais je hais trop le vice pour pouvoir jamais le combattre ^ » 11 ne croit du reste pas à son succès. « Monarchiste par inclination naturelle, dit Heine, je le deviens encore davantage en ce pays par conviction. » Les Français ne pourront en effet jamais s'accommoder du régime républicain. Comment la constitution de Sparte, (( cette grande et ennuyeuse manufacture de patriotisme, cette caserne de vertu républicaine, cette sublime et détestable cuisine de l'égalité, où l'on faisait de si mauvaises sauces noires » serait-elle jamais acceptée dans la patrie des Yéry, des Véfour et des Carême. Comment Robespierre pouvait-il rêver d'introduire la sévérité républicaine dans ce Paris « où cent cinquante mille modistes, parfumeuses et coiffeurs exercent leur riante, odorante et frisante industrie ! » Comment la monotonie bourgeoise de la vie américaine pourrait-eUe être tolérée dans la cité « de la vanité, de la parade, des modes et des nouveautés ^ ! » La république a pu s'installer pendant quelques années en France au temps de la Révolution, soutenir victorieusement les intérêts de la cause démocratique contre l'Europe coalisée, contre-

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