I . Lettres, XX
LiCHTENBERGER. — HcillC. H
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lamentable dans sa lutte avec l'inventif et calme favori de Minerve^ ». Mais il le tient pour un vrai grand homme. Rien i n'est plus absurde que de Taccuser, comme le font les républicains, d'avoir escamoté par un tour de passe-passe la couronne de France. 11 devint roi « parla disgrâce plutôt que | par la grâce de Dieu, qui lui posa cette couronne d'épines sur la tête, dans un moment fatal et plein de terreur^ ». Sans doute il a quelque peu joué la comédie, et ses intentions envers ses commettants, les héros de Juillet, n'étaient pas absolument sincères. Mais ceux-ci n'étaient guère plus sincères à son égard. Ils le regardaient comme un simple pantin qu'ils installaient sur le faijteuil rouge avec l'idée qu'ils , l'en délogeraient le plus aisément du monde s'il se montrait indocile ou s'il leur prenait fantaisie de « donner une reprise de la vieille pièce, la république ^ ». Or Louis-Phihppe ne se laissa pas faire. Il sut dissimuler sous un masque habile de simplicité bourgeoise ses ambitions dominatrices. Et dès lors l'histoire de son règne fut celle du conflit entre les désirs d'usurpation contraires du roi et delà Chambre, la Chambre s'efforçant de substituer le régime parlementaire au régime constitutionnel et de gouverner directement par l'intermédiaire des ministres qu'elle élit et renverse, tandis que le roi prétendait exercer une souveraineté effective en dépit de la Charte et de la Chambre. Or, dans ce conflit, Heine estime que Louis-Philippe a l'avantage : c'est lui qui est « le vrai ministre, dont la pensée se fait acte partout, qui gouverne aussi bien qu'il règne » ; ses ministres en titre, qu'ils se nomment Thiers, Guizot ou Mole, ne sont que les exécuteurs dociles de sa volonté ^ Sans doute le système de Louis- Philippe, en dépit de la noblesse de ses intentions, ne vaut rien : le roi s'imagine que la Chambre représente le pays et