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4. VI, lia et 341. — Sur les jugements tout différents de Gutzkow dans ses Briefe ans Paris, soit sur Louis-Philippe, soit sur ses ministres, voir Dresch, Gutzkoiv et la Jeune Allemagne, l'aris 1904, p. 390 ss.
croit qui a tout gagné quand il a gagné à ses projets une majorité parlementaire; or les intérêts du peuple sont très différents de ceux de la Chambre qui serait hors d'état de sauver le roi si celui-ci devenait impopulaire et voyait son trône menacé par l'émeute \ 11 n'en est pas moins vrai que Louis-Philippe, en dépit de cette erreur, est la plus sûre garantie de la paix sociale et que, le jour où il viendrait à manquer, toutes les catastrophes deviendraient possibles : il est « le grand sorcier qui, par sa prudente sagesse tient enchaînées les tempêtes. Quiconque veut dormir tranquille doit recommander dans ses prières la vie du roi de France à tous les anges gardiens de nos destinées" ».
De même qu'il ressent des sympathies pour le roi, Heine juge avec plus de faveur qu'autrefois les hommes d'État qui le secondent dans sa tâche difficile. Il rend hommage à rintelligence lucide et souple de Thiers, au patriotisme sincère qui inspire tous ses actes, à ses dons admirables d'orateur, à son génie des affaires. Il lui reproche, à la vérité, de comprendre mieux les intérêts matériels que les besoins moraux et intellectuels de l'humanité, de ne pas connaître « le dernier anneau par lequel les choses terrestres se rattachent au ciel », d'être dénué « du génie des grandes institutions sociales » ; mais il n'en admire que davantage la clairvoyance avec laquelle il apprécie la situation présente, démôle les points faibles du système de Louis-Phihppe , discerne l'instabilité du régime actuel, et perçoit les grondements lointains de la révolution menaçante ^ — Et peut-être Heine eslime-t-il davantage encore la personnalité plus sévère de Guizot. Sans doute il n'aime guère « ses allures puritaines, son orgueil toujours aux aguets, son ton tranchant de doctrinaire et son extérieur âpre de calviniste », il le tient pour « une nature sacerdotale ou plutôt cléricale ». Mais la sohdité un peu massive de ce taciturne et sévère ministre lui en impose