Elster, II, p. 98. « Ma gorge est sèche comme si j'avais
l'agonie du poète. 371
Maïs c'est en vain que la vision se fixe avec tous ses détails, c'est en vain que le poète s'excite à la retenir : les derniers vers rappellent inévitablement le souvenir de cette chambre de malade, où Ton ne parle que « potions et cataplasmes », et la vision délicieuse s'évanouit, ne laissant plus qu'une impression sinistre.
Lassé de contempler les scènes joyeuses d'autrefois, le poète se laisse entraîner, par instants, à analyser la marche lente du mal qui le ronge *, ou bien, il en résume les progrès dans l'admirable image de la « femme en noir » :
Es halte mein Haupt die schwarze Frau Zârtlich ans Herz geschlossen; Ach! meine Haare wurden grau, Wo ihre Thrânen geflossen.
avalé — Le soleil couchant. — Hé! rhôteîHé! l'hôtel une bouteille de vin, — Du meilleur tonneau!
Le noble jus de raisin coule — Et descend jusque dans mon âme; — Par la même occasion, il éteint — L'incendie de mon gosier.
Encore une bouteille, brave aubergiste ! J'ai bu — La première avec une distraction indigne, — Tout à fait sans recueillement! Mon noble vin, — Je t'en demande pardon...
Mais, c'est étrange! Tandis que je bois — Il me semble que je suis double : — Et qu'un autre pauvre buveur — Est attaché avec moi.
n a l'air bien malade, bien misérable, — Il est bien pâle, bien épuisé! ~ 11 me considère avec un douloureux mépris — Qui m'importune étrangement.
Le garçon prétend que c'est moi-même, — Que cet homme et moi ne faisons qu'un, — Un seul pauvre homme — Qui soulTre justement de la fièvre...
— Tu mens! Je suis bien portant et aussi frais — Qu'une rose épanouie.... »