‹ Henri Heine, poèteChapitre 126 sur 142 · Ail même · texte numérisé non relu

Ail même

Mon très cher et très bon Michel !

Votre dernière visite m'a fait du bien. J'étais bien abattu et découragé; à présentée ne suis que honteux. Mais que voulez- vous, la coupe d'amertume était pleine et l'affaire Pereire, cet incident si petit en apparence, fut la goutte qui la fit déborder. Je suis homme, et j'étais froissé dans mon amour propre et dans mes intérêts financiers en même temps, — j^étais blessé à la fois aux deux talons, qui sont vulnérables chez les Âchilles modernes. — Je me reprochais d'avoir fait une bassesse, et la pire de toutes, une bassesse gratuite. — J*étais devenu ridicule à mes propres yeux comme un niais que j'étais, un ultra niais qui supposais de la sympathie pour le martyr de l'esprit chez un des grands seigneurs de la matière. — Et je fis la bêtise que je regrette et que je ne désespère pas de pouvoir racheter honorablement un jour ou l'autre.

Si vous avez encore l'intention de parler à M. Pereire à mon égard, ayez la bonté de vous souvenir que je vous ai chargé de lui faire en mon nom des remerciments que je lui dois dans tous les cas, quelque blessant qu'ait été son procédé. Veuillez aussi vous enquérir auprès de lui s'il a reçu ma première lettre, écrite il y a sept semaines,

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