‹ Henri Heine, poèteChapitre 13 sur 142 · INTRODUCTION. XXI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXI

quel battement de cœur Heine écoulait les récits de bataille- que lui faisaient ces bons soudards , ces Tambour Le Grand de roccupation, dont le vocabulaire allemand se bornait aux trois mots indispensables : Brot-Kûss-Ehre ! L*enfant sentait revivre dans leurs récits l'enthousiasme de la Garde pour Napoléon, et il le partageait. Pourtant, Napoléon était, en somme, l'oppresseur de son pays natal. Comment une nature aussi riche que la sienne n'aurait-elle pas, un peu plus tard, ressenti , avec toute l'Allemagne, la commotion d'enthousiasme qui se traduisit par le mouvement de la Délivrance^ Nous le voyons, en effet, après un dîner auquel avait pris part le vainqueur de Waterloo, écrire à un ami : « J'ai dîné avec l'homérique, le divin, le grandiose Blûcher; la vue d'un gaillard comme cela vous fait du bien *. » Le poète se sentait alors en pleine jcommunion d'idées avec la jeunesse allemande de son temps. Mais, combien de temps persista-t-il dans de. tels sentiments? Il ne pouvait recueillir, parmi les impressions de son enfance, cette po ignée de doux préjugés qui orientent notre oi^ueil national et nous rendent presque fiers, h certaines heures, d'être injustes à l'égard des autres peuples. Il avait oscillé, enfant, entre l'admiration dé Napo-

1. « Mit dem homerisch gôtllichen herrlichen Blûcher; so ein Kerl macht doch Freude! » Lettre à Sethe, 27 oct. 1816.

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