‹ Henri Heine, poèteChapitre 15 sur 142 · XXIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXIV INTRODUCTION

sans ménagement. Les dons superbes de poésie qu'il sent déposés dans son âme excitent sa confiance en lui-même; mais il lui faut côtoyer un monde médiocre et terre à terre où la flamme de son intelligence est méconnue; il en souffre avec tout le frtf^.mi>f^ftpriftnt de son génie, et, sur les blessures de son orgueil, vient j^^éganouij: rironie impitoyable et vengeresse. Il se trouve que son aptitude à souffrir, à s'indigner et à se moquer, est une arme puissante pour la lutte. Il n'en a pas eu d'autres, le petit Juif roux^ fils d'un mince boutiq uier de Dùsseldorf, lorsqu'il s'est élâûfié. à l'assaut des abus et des préjugés. 11 a dû aux contradictions et aux amert umes de son adolescence le fil acéré de cette arme, mais il leur a dû également de manquer de mesure et de choix dans l'usage qu'il en pouvait faire. Aussi, à toutes les époques décisives de sa vie, retrouvons-nous le pli funeste que lui ont imprimé ses douloureux cormnencements. Dans ses hésitations, dans ses enthousiasmes fous, dans ses haines ou ses rancunes aveuerles, on voit bien apparaître, sans doute, les violences d'une race à la fois plus pliante et plus acharné e que la nôtre; mais on y retrouve aussi tin faisceau de funestes habitudes contractées durant les années molles et incertaines de la première jeunesse.

POETE

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