TragÔdien nehst einem lyrischen Intermezzo^ avril
mière fois dans le Buch der Lieder de 1827. Ils nous semblent pourtant, à cette heure, inséparables de ce petit poème dont ils donnent, en quelque sorte, la note fondamentale et le prélude. Or, si le poète a cru devoir ajouter cette strophe qu'il n'avait pas composée au début, c'est, apparemment, qu'il a senti la nécessité de mettre Téveil de la nature d'accord avec l'éclosion de son amour, de même que la chute des feuilles en accompagnait le dénouement. Nous trouvons là une nouvelle preuve de la symétrie consciente avec laquelle est construit ce roman d'amour : non seulement une partie de l'action en est imaginaire, mais l'expression même en est savamment calculée pour produire dans Tâme du lecteur une série d'émotions soigneusement calculées.
Pour exprimer sa joie et ses transports, le poète fait à sa bien-aimée mille promesses : il lui offre des oiseaux, des fleurs, des vers pénétrés du parfum de la rose et de la pureté du lys; il l'entraîne « sur les ailes du chant, jusque sur les bords sacrés du Gange ». Il exprime dans des strophes savamment naïves cet état d'esprit presque enfantin de l'homme pénétré d'une joie subite, et dont le cœur déborde d'une reconnaissance et d'une bonté universelles.
D'ailleurs, Heine ne s'attarde pas à ce début qui, pour être nécessaire à l'équilibre du poème, n'en est pas moins un peu factice ; il le fait bar-
LE u BUCH DER LIEDER ». ^9
diment suivre d'un intermède de six strophes * adressées à Tune de ces inombrables « Schônen » ou <( Kindchen » dont l'image apparaît entre ses vers les plus désespérés. Il a hâte d'arriver au nœud même de Faction tragique, à la « trahison » dont il a été victime, c'est-à-dire au mariage de sa bien-aimée. Il reprend, pour exprimer cet événement, trois strophes (17-19) qui avaient déjà paru dans les Junge Leiden, et il n'y ajoute que deux quatrains (20). Dans le précédent recueil, ces vers étaient précédés de plusieurs poésies remplies d'imprécations contre l'infidèle et surtout contre son mari : les accents de la résignation n'y apparaissaient que fort tard. Dans Y Intermezzo^ au contraire, la résignation fait suite à la simple annonce du mariage :
Wie die Wellenschaumgeborene, Strahlt raein Lieb in Schônheitsglanz, Denn sie ist das auserkorene Brâutchen eines fremden Manns.
Herz, mein Herz, du vielgeduldiges, GroUe nicht ob dem Verrath 2.
Nous n'avons plus en face de nous un amoureux trompé qui s'indigne et qui s'emporte, mais un cœur blessé qui se résigne à son malheur, sachant