‹ Henri Heine, poèteChapitre 37 sur 142 · Schwarze Abgriinde (I, 8); schwarzgrûne Rosse (II, S · texte numérisé non relu

Schwarze Abgriinde (I, 8); schwarzgrûne Rosse (II, S

der schwarze Busen der Riesenwelle (Seekrankheil).

sion, c'est, sans doute, la suivante : le poète ne cherche jamais à peindre la meir dans le détail de ses aspects; il veut seulement la prendre pour cadre de ses tableaux. Au lieu d'y étudier les dégradations des nuances, comme eût fait un peintre, et comme ferait aujourd'hui, sans doute, un écrivain descriptif, il se contente de saisir rapidement une couleur frappante sur laquelle se détache la scène qu'il veut traduire. Il renonce donc courag-eusement aux adjectifs colorés, et sa palette peut, de la sorte, se contenter de trois tons simples.

Comment se fait-il donc qu'avec ces moyens limités, Henri Heine soit parvenu à donner de la mer une impression aussi vivante? C'est que, justement, s'il renonce à étudier ce qu'il y a de plus extérieur et de plus fugitif dans son aspect, c'est-à-dire la symphonie des nuances, il reporte tout son effort sur la peinture de ce qui est plus vivant et plus saisissable : le mouvement et le bruit. Au lieu donc de peindre avec des adjectifs, il peint avec des substantifs et des verbes. La mer ne nous est pas présentée comme une surface colorée de tons multiples et tendres, mais, avant tout, comme un être bondissant et bruissant.

Les mouvements du flot sont exprimés dans la Nordsee avec une vérité saisissante à laquelle concourent les effets du rythme et le choix des mots. L'arrivée incessante des vagues, perçues

dans le lointain, grâce à leur crête blanche (I, 2); le frisson nocturne des flots * ; les lames qui bondissent sous le vent'; la mer calme qui rouie dans une ondulation lente sur la baie'; les vagues qui se cabrent furieuses, en montagnes liquides, et tout à coup s'effondrent et glissent*; bref, toutes les attitudes de la mer, toutes les phases de sa vie remuante, incessante et confuse, sont reproduites dans ces poèmes. Heine n'a pas dessiné un modèle immobile, il Ta montré vivant et respirant.

Ce sont les mouvements du flot qui, dans Tordre des sensations visuelles, ont surtout captivé l'œil du poète; il s'est, en outre, arrêté avec prédilection aux sensations auditives. Dans ce bruissement énorme et éternel, il a distingué des voix et des sons d'instruments; et ces bruits ont toujours été d'accord avec sa pensée du moment; il semble même qu'ils lui aient souvent suggéré une nuance de sentiment qui fût en harmonie avec leurs accents. Le chant des flots est analysé dans un grand nombre des poésies de la Nordsee^ et, presque chaque fois, la sensation auditive aboutit à une vision ou à un souvenir coloré qu'elle semble avoir évoqué. Le secret de la composition de VAbenddammerung^ par exemple,

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