‹ Henri Heine, poèteChapitre 42 sur 142 · Je veux parler de Tédition Elster, Leipzig, 1886, 7 v · texte numérisé non relu

Je veux parler de Tédition Elster, Leipzig, 1886, 7 v

sont bieu connus, comme par exemple celui-ci, qui est tiré des Grenadiere,

Le vers II, 3 était d'abord, dans le Gesellschafter et les quatre premières éditions du Buch der Lieder :

Besiegt und zcrschiagen das tapfere Heer.

A partir de la cinquième édition, Heine remplaça le mot tapfere par grosse» Quelles étaient ses raisons? D'abord, il supprimait un mot banal : répithète « valeureuse » appliquée à Tarmée de Napoléon, et il mettait à la place de cet adjectif vague un autre adjectif plus simple en apparence, mais, en réalité, beaucoup plus significatif, puisqu'il désignait Tarmée par son véritable nom : da& grosse Heer, la Grande Armée. En outre, le poète obtenait, par cette substitution, un nouvel effet rythmique. La deuxième strophe des Grenadiere est en effet écrite tout entière (sauf les anacruses) dans un rythme anapestique, auquel tapfere correspondait :

besiegt | und zerschla | gen das tap | fere Heer.

Le mot grosse rompit la régularité du rythme ; on obtint ainsi :

besiegt | und zer schia | gen das gros \ se Heer.

Or, on voit que cet arrêt du rythme attire l'attention du lecteur sur le mot grosse^ et que, ce mot, mis ainsi en lumière, ajoute encore à Tim-

pression de stupeur causée par Tannonce de la défaite.

Arrêtons-nous maintenant aux variantes de la deuxième pièce des Junge Leiden, Ce Traumbild parut pour la première fois dans le Hamburgs Wàchter (8, II, 1817). Heine y fit des corrections d'abord dans l'édition de 1822 [Gedichte), puis dans les cinq premières éditions du Buch der Lieder.

Je cite quelques-unes de ces variantes :

I. 4. Und stûrmt und wogt im Busen wild. H. W. Und in dem Herzen wogt es wild. G.

Page 1