‹ Henri Heine, poèteChapitre 43 sur 142 · II. 3. Viel Blumlein meine Augen sahn. H. W · texte numérisé non relu

II. 3. Viel Blumlein meine Augen sahn. H. W

Viel schône Blumen sahn mich an. G.

m. 3. Von Goldglanz schien die Sonn' umstrahit. H. W.

Die Sonne war von Gold umstrahit. B. d. L., 1™ à 4*. Die Sonne rot, von Gold umstrahit. B. d. L., 5*" éd.

On saisit aisément ici le progrès de la simplification et, en même temps, le souci croissant de Texactilude. Dans I, 4, de deux mots presque synonymes : stûrmt und wogt, nous ne conservons que le second, qui, grâce à son isolement, est mis en valeur. Dans III, 3, nous voyons le poète remplacer dans les quatre premières éditions du Buch der Lieder le mot Goldglanz par le mot plus simple : Gold. Dans la cinquième édition, il ajoute une nuance : die Sonne rot.

Tous les Traumbilder ont ainsi été refaits vers par vers, mot par mot, par le poète qui les sentait

faibles, mais ne voulait pas s'en séparer. Je ne saurais insister plus en détail sur ces variantes. Mais je signale particulièrement celles de : Don Ramiro (I, p. 41) ; Intermezzo, 4, S, 15, 24, 29, 43, 44, 59, 64; Heimkehr, GôUerdàmmerung, Donna Clara, Nordsee, I, 7, 8, 10, 12; II, 5, 6.

On le voit, c'est au prix d'un travail ininterrompu et de retouches sans fin que Henri Heine est parvenu à donner à ses poèmes cette apparence de nonchalante simplicité et de naïveté populaire qui en font la grâce et le charme. Il n'est pas sans intérêt de noter, sans nous perdre dans les détails, les principaux moyens qu'il a employés, et de saisir ainsi (autant du moins qu'une œuvre de génie se laisse formuler par la critique) le caractère général de ses procédés.

Le Vocabulaire, tout d'abord, est éminemment simple. Sauf dans les Traumbilder, nous ne trouyons point, daus tout le volume, de mots rares ou recherchés; ce sont, au contraire, les mots que nous employons couramment, vulgairement, pourrait-on dire. Certains de ces substantifs reviennent même avec une régularité presque schématique, et finissent par évoquer conventionnellement tout un cortège de sensations : Mai, Lenz, Sonne, accompagnent toujours les impressions d'amour heureux : Herhst, Tod, Thrânen, sont le cortège obligé du chagrin. Le vocabulaire des lieds amoureux est si pauvre qu'on répuiserait en une page : Herz, Liebe, Lieb,

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Nacht, Mond, Nebel, Traum, Rose, Lilie, Taube, Blume, Blûthe, Veilchen, sont des mots que nous y voyons paraître à chaque strophe. Les adjectifs ne sont pas moins simples; il en est même quelques-uns qui reviennent sans cesse sous la plume du poète; tels sont : sûss (77 fois), selig, fromm, dunkel, einsam, seltsam, heimlich, golden, still^\ ce dernier mot est employé dans des acceptions presque opposées; pour exprimer un reproche :

Du Stilley du Kalte, du Bleiche (Interm., 32, 6);

OU pour désigner une douce impression :

Ach! da fliesst wie stiller Segen

Sûsser Mond, dein Licht hernieder {Ileimk., 86, 3).

Avec les verbes, un changement se produit; ce ne sont plus toujours les termes incolores que le poète préfère : il semble s'arrêter avec prédilection aux verbes qui expriment nettement la production d'un son ou d'une lumière, ou à ceux qui dessinent un geste. Ainsi, pour les sons : brausen, drohnen, flûstern, kichern, klingen, klirren, murmeln, rauschen, sàuseln, seufzen, summen, schrillen^.

Pour la lumière : blinken, blitzen, flackern, funkeln, flimmern, gldnzen, glimmen, glimmem, glitzern, glûhen, leuchten, strahlen. Pour les mou-

1. Cette statistique est empruntée à la brochure de M. Max Seelig : Die dichterische Sprache in Heines Buch der Lieder, Halle, 1891.

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