‹ Henri Heine, poèteChapitre 5 sur 142 · INTRODUCTION. XI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XI

au sein des familles juives, s'opposèrent alors dans cet esprit qui s'éveillait les coutumes non moins traditionnelles et non moins tenaces du catholicisme. Peut-on rêver un plus frappant contraste? N'était-ce pas là, pour l'enfant précoce, une admirable école d'ironie et de scepticisme religieux? Et n'est-ce pas un lointain écho de ces premières impressions d'enfance, que nous retrouvons dans le m oqueur poème : Disputation *?

Je ne pense pas qu'il convienne de joindre à ces influences celles du milieu rhé nan, dans lequel s'écoulèren t les premières années du po^te. Sans doute, le milieu n'est point sans action sur les caractères; mais peut-on désigner bien nettement les modifications qui lui sont dues? Les découvertes que l'on fait sur ce terrain sont toujours rétrospectives; elles flattent notre besoin inavoué de symétrie, beaucoup plus qu'elles ne satisfont aux exigences de la recherche scientifique : elles me séduisent médiocrement. D'ailleurs, pour Henri Heine, chez qui l'on s'accorde à reconnaître les principaux traits qui distinguent les populations rhénanes, la question est moins simple qu'elle ne paraît. N'ouhlions pas qu'il quitta Dûsseldorf vers l'âge de dix-sept ans, et, par suite, ne fut pas soumis bien longtemps aux

!. Romanzero, Hebrâische Melodien, I, 465. Je cite d'après Tédition Elstcr; d'abord le volume, puis la page.

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