‹ Henri Heine, poèteChapitre 6 sur 142 · XII J19TR0DUCTI0N · texte numérisé non relu

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influences du milieu natal; n'oublions pas, non plus, que son père venait du Hanovre et sa mère de Hollande, et, qu*en o utre, l'un et l'autre étaient juifs, c'est-à-dire très différents de la population chrétienne qui les entourait. Je ne sache pas, en effet, que la théorie du « milieu » ait jamais montré, avant le xjx* siècle, parmi les minorités juives enclavées dans nos Etats, des modifications /parallèles à celles qu'on peut dessiner en grands traits vagues chez les populations autochtones . Les Juifs anglais du temps de Shakespeare offraient-ils avec leurs coreligionnaires du continent des différences analogues à celles que la nation anglaise offrait avec les Allemands ou les Français? Les Juifs diénâxis avaient-ils, au début de notre siècle, la vivacité et la mobilité des populations allemandes de Bonn ou de Dûsseldorf? Il est permis d'en douter. Assurément, les villes des bords du Rhin, égayées par les vins légers que produisent leurs coteaux, et dégo urdies par le voisinage d'une frontière qui les tient sur un perpétuel qui-vive, offrent bien des traits de^hardi sans-gêne„et d'aimable légèreté qui rappellent ceux qu'on voit fleurir dans les lieds de Henri Heine. Un esprit plus dégag é et moins naïf, une expérience plus acérée, un goût décidé pour la vie légère, semblent bien être des caractères communs au poète et à ses compatriotes fortuits.

INTRODUCTION. Xltl

Mais je me refuse avoir entre ces ra pprochement s une rigoureuse dépendance. Si les parents d'Em- . manuel Kant étaient venus se fixer à Bonn ou à Dùsseldorf deux ou trois ans avant sa naissance, croit-on sérieusement que celte circonstance eût ^uffi pour modifier les aptitudes du philosophe et pour faire de lui un joyeux Rhénan?

C'est à Tentourage de la famille, beaucoup plus qu'au milieu local, toujours incertain, qu'il convient, selon moi, d'accorder une sérieuse importance. Le caractère des parents et celte éducation par l'exemple que, même sans le vouloir, ils donnent à leurs enfants, agissent puissamment sur ces âmes tendres; ces influences n'v créent peut-être pas de penchants nouveaux, mais elles y développent ou y atrophient des penchants dont le germe sommeillait. Par malheur, les parents de H. Heine ne nous sont qu'imparfaitement connus, eux aussi. Nous savons vaguement que son père, Samson Heine, n'était qu'un fou * toclje aimable, indolent, jouisseur et peu pratique; un homme de bonne mine, élégant et coquet , toujours enveloppé d'une dignité silencieuse, toujours occupé de choses en apparence fort importantes mais futiles en réalité; un homme aussi faible qu'il était bon, et aussi inutile qu'il était affairé . Son fils, qui a donné de lui, dans ses Mémoires, un charmant portrait, l'aima

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