‹ Henri Heine, poèteChapitre 50 sur 142 · C. Forme muette {stumpf). Ex · texte numérisé non relu

C. Forme muette {stumpf). Ex

Die Ster | ne in | der Hôh.

Ici encore nous n'avons que trois accents; une pause est également nécessaire à la fin du vers; elle est facilitée par l'interruption du sens avec le dernier mot du vers.

Ces trois formes du vers à quatre accents se combinent pour donner des strophes \ Les principales sont :

10 A, A, A, A. Ex. :

Und als ich euch meine Schmerzen gekiagt, Da habt ihr gegâhnt und nichts gesagt ; Doch, als ich sie zierlich in Verse gebracht, Da habt ihr mir grosse Elogen gemachl (//., 34).

2^ A, B, A, B. Ex. :

Nach Frankreich zogen zwei Grenadier',

Die waren in Russiand gefangen.... (J. L. Rom,y 6).

3« B, B, B, B. Ex. :

Du bliebest mir treuwlângsten,

Und hast dich fur michverwendet.... (Int., 27).

4» B, C, B, C. Ex. :

Ich weiss nicht, was soll es bedeuten, Dass ich so traurig bin... (//., 2).

1. Nous ne voulons retenir ici que les strophes de quatre vers, les seules intéressantes chez notre poète.

Dans la quatrième strophe, on peut faire une nouvelle subdivision, selon la rime; nous aurons ainsi :

a. Rime a, b, c, b. Ex. :

Ein Jùngling liebt ein Mâdchen,

Die hat einen andern eitx&hlt :

Der andre liebt eine andre,

Unt hat sich mit dieser vermâhlt {Int., 39).

Cette forme de strophe est une imitation moderne de la strophe des Nibelungen, dont elle porte encore le nom. Elle pourrait s'écrire en deux lignes seulement.

b. Rime a, b, a, b. Ex. :

Lorelei (Ex. cité plus haut).

Ici, les césures de la strophe des Nibelungen riment entre elles. Cette forme s'appelle : Hilde» brandston.

Tels sont les principaux groupements de vers à quatre accents employés par Heine dans le Buch der Lieder. Le poète est si bien resté dansla tradition germanique, que la moitié de V Intermezzo et de YHeimkehr est écrite dans la strophe des Nibelungen ou dans le Hildebrandston *.

L'emploi de cette strophe trahit Tinfluence qu'ont exercée sur Heine des poètes tels que

1. J'en trouve : dans Vlntermezzo, 32 exemples, et dans. VHeimkehr, 39. M. K. Hessel {Zeits. f, d. deut. UnteMeht, 1889,. III, p. 47-67) compte 36 exemples dans Vlntermezzo,

Goethe, Uhland, Novalis, Wilhelm Mûller, On observe même, dans le Buch der Lieder, une évolution caractérisée par le passage de la rime a, b, a, b à la rime a, b, c, b, non pas seulement pour la strophe B, C, B, C, mais aussi pour toutes les autres formes strophiques. La raison de cette modification me paraît assez claire. Ce sont des vers complètement rimes que le jeune poète rencontrait chez la plupart des poètes de la génération précédente, chez ceux, du moins, que n'avaient pas séduits les fantaisies métriques de Técole romantique. En outre, la rime complète s'accordait bien avec ce qu'il y a d'un peu artificiel dans Ylntermezzo : elle devait donc y dominer *. Dans YHeimkehr, au contraire, le poète commence à se libérer de sa passion, comme aussi des entraves de la tradition, à mesure qu'il prend conscience de sa force. Ce mouvement de délivrance progressive qui aboutira à la Nordsee se marque tout naturellement ici dans un abandon des formes métriques trop régulières. Le retour fréquent de la rime parut sans doute à Heine compromettre le naturel et la nonchalance voulue de ses poésies. C'est vers la fin de V Intermezzo^ qu'il avait commencé à se servir plus fréquemment de la rime simple a, b, c, b; dans YHeimkehr^ il l'emploie presque exclusivement^, et réserve la rime double

i. 32 fois a, b, a, b contre 13 fois a, b, c, b.

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