Cf. notre article de la Deutsche Rundschau^ juin
Vlntermezzo, et dont la princesse Belgiojoso avait tenté de le détourner en Tin vi tant à passer plusieurs semaines dans son château de La Jonchère. Pour que Henri Heine consentit à laisser une raain étrangère effleurer son cœur, et à livrer de la sorte le secret de sa vie intime, il fallait, assurément, qu'il éprouvât pour la princesse une amitié aussi solide que sincère. Il ne paraît pas qu'il ait jamais accordé à aucun autre des amis de son âge mûr de pareils privilèges, et Ton peut juger, par ces détails, médiocres en apparence, mais bien caractéristiques, de l'influence exercée sur lui par la fençime qu'il sut si noblement apprécier.
Aussi bien, la farouche patriote italienne reçutelle du poète des confidences autrement graves que celles de ses amours. La lettre qu'il lui écrivit d'Aix\ vers la fin de l'année 1836, est le document le plus précieux et le plus sincère que nous possédions sur la situation morale de Henri Heine à l'époque douloureuse où il se vit fermer à tout jamais la route d'Allemagne, et où son exil, accepté d'abord si gaiement, dans une heure d'enthousiasme, lui apparut sous les couleurs sombres d'un sacrifice contraint et définitif. La diète germanique avait interdit* à l'intérieur de ses frontières la vente des œuvres du poète; celui-ci se voyait désormais traqué à la façon