‹ Henri Heine, poèteChapitre 7 sur 142 · XIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XIV INTRODUCTION

tendrement, mais ne lui dut jamais une bi«n sérieuse direction morale.

Betty (Peira) Heine, sa femme, était, au con-traire, active, ambitieuse et énergique : c'était une femme de tête. Son fils, à qui elle survéc ut, eut toujours pour elle une tendresse passionnée. Dominant toutes les attaques dirigées contre sa mémoire, la légende a consacré celle afTection, en nous faisant voir le poète presque moribond, s'efforçant de dissimuler à sa vieille mère, par des lettres enjouée s et de pieux mensonges, la paralysie, la cécit é et les atroces douleurs de la moelle épinièr e qui se partageaient son corps. Depuis la publication des fragments de Mémoires et d'une partie de la correspondance du poète avec sa famille, l'image de Betty Heine s'est détachée plus nette sur le fond des récits et des anecdotes qui, jusque-là, nous l'avaient fait connaître. Fille d'un médecin juif de Dùsseldorf elle avait reçu une éducation très soignjg, en partageant les études d'un frère aimé avec lequel elle avait grandi, et qui était devenu, tout jeune encore; un médecin de réputation ^ Elle connaissait l'antiquité, et savait, outre Tallemand et l'hébreu, le latin, l'anglais et le français. Ajoutons qu'elle était musicienne; ce détail a son importance, car,

1. Letire de Belty Heine, 27 mai 1796. Cf. Deutsche Rundschau, 1877, XII, p. 86.

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