Par exemple, celle du 11 avril
prouve que Mignet servait d'intermédiaire entre le poète et le ministre pour des affaires importante^, et telle autre* nous montre la reconnaissance de Heine vis-à-vis de ses bienfaiteurs direct fet indirect. Mignet ne faisait sans doute que répondre au vœu de sa belle amie, en recommandant à rhomme d'Etat un des plus brillants habitués du salon. On sera moins encore étonné de cette intervention, si Ton se rappelle que, sur la liste des écrivains qui émargeaient aux fonds secrets, se trouve à côté du nom de Henri Heine celui d'Augustin Thierry, besogneux, lui aussi, et protégé de la princesse Belgiojoso, qui le logeait dans une aile de son hôtel.
C'est donc à des relations mondaines nouées dans le salon d'une étrangère de distinction que Henri Heine dut la fameuse pension qui devait, dans la suite, lui attirer tant de soupçons et d'injures. Par là s'expliquent en grande partie la désinvolture avec laquelle il accepta « l'aumône de la France à un exilé » ainsi que la liberté d'esprit et de plume qu'il conserva, malgré cette attache, vis-à-vis des deux ministères qui le soutinrent, à tour de rôle, durant douze ou treize années.
Nous voyons ainsi que la princesse Belgiojoso ne resta pas pour Henri Heine une fugitive connaissance de salon : non seulement elle fut, à son