‹ Henri Heine, poèteChapitre 70 sur 142 · Hans ohne Land (II, 205). — « Allemands, vous êtes un · texte numérisé non relu

Hans ohne Land (II, 205). — « Allemands, vous êtes un

Ou bien :

Doch Hess der Kônig seitdem nicht mehr Die Kindlein zu sich kommen >.

Et encore ;

Mitnehmen kann man das Yaterland An den Sohlen, an den Fûssen... ^

Un procédé analogue à ce dernier consiste à faire des rapprochements d'idées ou de mots absolument inattendus, et dont Teffet baroque est le plus souvent souligné par la rime. Ce procédé est très fréquent chez Henri Heine : il n'est guère de Zeitgedicht où il ne soit employé. Par malheur, le comique est souvent ici de qualité inférieure : une rime sonore amène un mot inattendu, sans rapport, parfois, avec le sens du vers précédent :

... Ihr habt die beste Religion, > v*J^

Auch lieb' ich das Gânsegekrôse s. r-t

^ Un vers inutile et plat s'ajoute ainsi sans

raison à la strophe. On en sourit une fois, mais bientôt on se lasse de ces faciles « à peu près ». Toutefois, ces rapprochements burlesques, dans

grand peuple, — Bien bêta et, pourtant, si bien doué! — En vérité, on ne dirait pas à vous voir — Que vous avez inventé la poudre! »

1. Die Audienz. — « Mais le roi ne fil plus jamais — Venir à lui les petits enfants. »

2. Deutschland, XIX. — « Oui, l'on peut emporter sa patrie — A ses semelles, à ses pieds... »

3. « Vous avez la meilleure religion, — J*aime aussi les abattis d'oie. » Tannhauser, III.

ridée ou dans Texpression, sont, en plus d'un cas, d'une irrésistible drôlerie. Ainsi, lorsque Tannhâuser rapporte la tristesse qui plane sur Weimar « parce que Gœthe est mort et Eckermann encore en vie », nous rions par surprise : Eckermann peut vivre sans inquiéter personne; mais présenter sa vie comme en échange de celle de Gœthe est une idée si bizarre que nous sourions d'un mot fort insignifiant par lui-même. Le passage dans lequel Herwegh est comparé au marquis Posa repose, lui aussi, sur le comique d'un rapprochement inattendu, bien qu'assez juste; l'effet amusant jaillit ici à la fois de l'observation piquante, de la comparaison disproportionnée et du son des rimes Posa et Prosa. On pourrait citer une multitude d'exemples analogues *.

On peut comparer aux rapprochemenis de ce genre le comique qui paît des rimes burlesques ou inattendues, ou bien de l'emploi de mois vulgaires qui surprennent. Je ne songe pas à relever dans les Zeitgedichle toutes les rimes de ce genre; elles paraissent presque à chaque strophe. Je puis

1. En voici quelques-uns : Himmlische Gendarmen {Zgd., 2-2). — Zgd., 20, strophe 2, vers 1, 3 et 4; sir. 3, v. 3 et 4; 5, 3-4; 7,3-4;

— Lamentationen, rfer Ex Nacht wàchter, sir. 11*

Mir fehlt jelzt der Mann, der in seiner Kunst

Den hôchsten Pfahl erkletlert. — Elster, II, p. 171 [Lohgcs. II).

Mancher hat sich

Oemûthlich ûbergeben. — Elster, II, \lÇ>[Vnsere Marine).

Mit Bûcherschreiben und Stricken vertreibt

Er seine mûssigen Stunden. — Elster, II, 213 {Kohes /, sir. 27).

citer, au hasard, les rimes frummei\ Numtner, Brummer, Hummer * ; — Posa, Prosa, — Taps, Schnaps — Kantschu, Mandschu — Maulheld, Maulhàlt — ApollOy ichwerde tollol — Dass man, Massmann — Rûckert, zurûck kehrt — Lockwisch, Stockfisch ^. Ou encore des mots comme : kompromittiren\ residiren, illuminiren\ flaniren^y etc. On voit que ces rimes burlesques sont toutes des rimes riches, fortes de la consonne d'appui : en français, elles ne nous étonneraient pas; mais dans une langue qui, comme l'allemand, peut non seulement remplacer la rime par l'assonance, mais encore la supprimer complètement, Teffet de rimes trop riches est déjà surprenant par lui-même. Pour peu que le choix des mots s'ajoute à cette surprise, il naît un effet comique. Dans ses Pensées détachées Heine s'est nettement expliqué à ce sujqI^ à propos de Freiligrath : « L'essence de la poésie nouvelle, dit-il, est dans son caractère parabolique : elle consiste surtout en souvenirs et en pressentiments. A ces sentiments correspond la rime, dont l'importance musicale est considérable. Des rimes étranges, surprenantes, sont comme une instrumentation plus riche destinée à marquer avec force un sentiment, et à le faire ressortir du chant berceur de

\, Zur Ollea, Symbolik des Unsinns.

2. Je cite le volume et la page d'Elster : I, 310, 3)3, 314, 31o; H, 170, ni; 206.

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