Cf. p
3. Chapitre xi. — « Gomme des bayadères aux yeux lourdsde sommeil — Les montagnes regardent; elles sont là frissonnantes — Dans leurs blancs peignoirs de nuages — Que lai brise matinale agite. »
Et plus loin :
Aus dem sonn'gen Goidgrund lachen Violette Bergeshôhen, .
Und am Abhang klebt ein Dôrfchen, Wie ein keckes Vogelnest *.
Puis ce décor de la Chasse infernale :
Ist ein Thaï gleich einer Gasse, Geisterhohlweg ist der Name; Schroiïe Felsen ragen schwindlich Hoch empor zu jeder Selle 2.
Enfin, ce lever de soleil :
Sonnenaufgang. Goldne Pfeile Schiessen nach den weissen Nebeln, Die sich rôten, wie verwundet, Und in Glanz und Licht zerrinnen.
Endlich ist der Sieg erfochten, Und der Tag, der Triumphator Tritt in strahlend voiler Glorie Auf den Nacken des Gebirgs ^.
Rien n'est mieux fait que ces descriptions éclatantes qui illuminent le début des chapitres, pour rehausser le ton, assez peu lyrique en lui-même,
1. Ch. XIV. — « Les cimes violettes de la montagne — aient sur le fond d'or du soleil : — Sur la pente, un village se cramponne — Hardiment comme un nid d'oiseau. »
2. Ch. xvii. — « C'est une vallée semblable à une ruelle. — Son nom est : le Ravin des Esprits; — Des deux côtés, à -des hauteurs vertigineuses, — S'élancent des rochers abrupts. »
3. Ch. XX. — « Lever du soleil. Des flèches d'or — S'élan^ -cent contre les brouillards blancs — Qui se teignent de rouge, •comme blessés — Puis s'évanouissent dans la lumière éclatante.
Enfîn, la victoire est gagnée; — Le Jour, triomphateur, — Dans toute sa gloire rayonnante, — Paraît, un pied posé sur ia nuque de la montagne. »
d'un récit de chasse à Tours. Rien n'est aussi plus habilement calculé pour nous faire accepter, comme des réflexions naturellement écloses du sujet, les digressions poétiques dont Atta Troll est parsemé. A tout prendre, en effet, les morceaux les plus célèbres du poème sont des machines poétiques analogues à celles qu'employait l'antiquité classique : des évocations et des prosopopées. Mais, le fugitif souvenir virgilien qu'évoquent ces figures nous permet de mieux comprendre l'art du poète moderne. Celuici, en eO'et, a toujours soin, lorsqu'il s'élève loin de terre, de nous montrer le chemin qu'a suivi son rêve; plus sa vision peut sembler arbitraire et forcée, plus il est soucieux de la relier à la réalité, et, par conséquent, plus il serre de près le détail vrai de la nature observée. Il n'arrive jamais, chez Henri Heine, qu'une vision ou une prosopopée jaillisse à l'aventure de quelque paysage flou; plus son imagination doit s'envoler loin de terre, plus il assure la base où, tôt ou tard, elle viendra se reposer *.
On serait tenté de croire que l'élément poétique le plus puissant de notre poème est l'essor de l'imagination qui crée des évocations comme celles de la Chasse infei^nale. A mon sens, pourtant, ici comme dans presque toutes les autres œuvres de Heine, l'élément poétique le plus actif