‹ Henri Heine, poèteChapitre 95 sur 142 · Cf. variantes. « So ein Pritchard von dei" Nadet · texte numérisé non relu

Cf. variantes. « So ein Pritchard von dei" Nadet

l'agonie du poète. 353

elles fussent oubliées. Comme son arrière-cousin, Henri Heine a été plus d'une fois tenté de vendre son droit d'aînesse pour un plat de lentilles...

Nous avons signalé, à propos à'Atta Troll, Terreur que le poète nous semblait avoir faite en se servant du trochée sec et satirique : il faut à ce mètre, pour être épique, une tenue et un sérieux qu'il ne sait guère lui donner que dans de courtes poésies *. Nous avons dit également quelle joyeuse surprise éprouvait le lecteur en retrouvant dans Deutschland la danse animée et si variée des ïambes. L'admirable sens du rythme que nous avons signalé chez le poète du Buch der Lieder ne Ta abandonné ni à l'époque des Neue Gedichte, ni à celle du Romanzero :

seulement, il en fait ici bien plus rarement usage qu'autrefois. Dans nombre de poésies, le mètre ïambique ou trochaïque se déroule sans grandes finesses, et avec une régularité un peu monotone. Mais, de temps à autre, le métricien semble se réveiller. De nouveau il a recours aux substitutions anapestiques et aux rythmes suspendus ou brisés, pour exprimer le mouvement de la danse ou des flots, l'halètement de la passion et de la terreur. Quelques exemples suffiront sans doute pour rappeler le principe que nous avons étudié déjà :

<. Cf. der Mohrenkônig, Romanzero,

Da flimmern die Kerzen, da rauscht die Musik, Da tanzen die bunlen Gestaiten ^.

Les anapestes expriment ici avec une étrange vérité le mouvement dansant; puis, après un vers en ïambes réguliers qui nous peint la danse calme de la duchesse, un rythme brisé, composé de syllabes accentuées accumulées, nous donne rimpression de ses éclats de rire qui rompent la mesure :

Da tanzt die schône Herzogin, Sie lacht laut auf bestândig.

A l'égard du rythme, la pièce intitulée Nàchtliche Fahrt est celle qui nous fournit les preuves les plus éclatantes de la maîtrise que le poète a retrouvée. Il peint avec des ïambes, des anapestes et des trochées, autant et plus peut-être qu'avec des mots, le mouvement des vagues, l'attitude des personnages de ce drame mystérieux, et les différents gestes qu'il veut nous faire deviner :

Es wogte das Meer, aus dem dunklen Gewôlk Der Halbmond lugte scheu...

La forme blanche de la femme qui se dresse dans la barque est ensuite dessinée par le mouvement régulier des ïambes :

Sie stand im Kahn, so blass, so schlank...

Et, lorsque, brusquement, un cri d'oiseau retentit,

Page 1