Romanzero, Schelm von Bergen
l'agonie du poète. 355 J
qui fait frissonner les trois personnages du drame, j
un trochée en marque l'interruption subite :
Hoch ûber unsern H&uptern ertônt Plôtzlich ein gellender Schrei.
Enfin, la dernière strophe, qui doit donner la clef du mystère, est composée de deux moitiés qui s'opposent dans le rythme comme dans l'idée. Les deux premiers vers expriment par des anapestes la gaieté de la nature, et les deux derniers marquent par des ïambes plats le sérieux attristé qui étreint les deux personnages survivants :
Die Sonne ging auf, wir fuhren ans Land, Da bliihte und glùhte der Mai.
Und als wir stiegen aus dem- Kahn, Da waren wir unser zwei.
Ces exemples suffisent pour montrer que le poète malade n'avait rien perdu de ses moyens : mais la rareté même des pièces où le rythme joue un rôle prépondérant nous fait voir aussi qu'il dédaignait le plus souvent de revenir aux jeux de mots qui avaient séduit sa jeunesse. Des préoccupations plus graves dominaient son esprit; c'est besogne indigne d'un soldat que de se broder des galons; il attendit les loisirs de la maladie pour distraire çà et là ses tortures par le jeu savant des rythmes. Bientôt même, il n'y voulut plus attacher sa pensée : des pressentiments de mort prochaine et le chagrin de sa vie perdue pesaient sur son âme endolorie; et, lorsque, aux
portes mêmes du tombeau, Tamour vint le soulever de nouveau sur son aile, Theure était trop solennelle pour que le poète n'oubliât pas les artifices de son métier : il chanta comme dans leurs rêves, sans doute, chantent les oiseaux, dans un divin balbutiement.
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