‹ Henri IV et l'EgliseChapitre 27 sur 54 · H SUITE ET HEUREUSE ISSUE · texte numérisé non relu

H SUITE ET HEUREUSE ISSUE

sistàt aux prières d'action de grâces « en corps et en robes

rouges (1). »

Les ordres de Henri IV furent exécutés en France. A Paris, il assista lui-même au Te Deum qui fut chanté à INotre-Dame; et les canons de l'Arsenal et de la Bastille tonnèrent. Toutes ces démonstrations, selon l'expression du chancelier çle Chiverny, déplaisaient « autant au ligueurs » qu'elles étaient agréables « à tous les bons catholiques et bons français (^2) , » A Rome, Clément VIII et les cardinaux éprouvèrent un véritable bonheur des lettres royales : le premier versa en plein consistoire « des larmes de joye et d'attendrissement de voir son «c action justifiée aux yeux de tout le monde par la correspon- '( dance de » Sa « Majesté ; » les autres, dans la visite que les ambassadeurs français firent à chacun, à l'exception du seul cardinal Alexandrin, exprimèrent, à leur tour, la grande édification qu'ils retiraient de l'heureux événement (3).

Il ne restait plus que la ratification officielle. Elle allait s'effectuer, quelques mois plus tard, entre les mains d'un légat nommé à cet effet.

Nous n'avons pas ici à apprécier spécialement du Perron et d'Ossat comme négociateurs. Notre appréciation, du reste, deviendrait inutile, car elle ressort bien clairement de la narralion des faits. Ambassadeurs, ils s'en sont tenus strictement à

(1) Lettre du roi au parlement de Paris, copie qui porte 1^ date du 2/j novembre, Fondi Brienne, ms. 1.37, fol. lZi6.

(2) Mcinuires d'EstuL Vavïs 16^1, p. 251, 252.

i'i) An Roy, lettre de du l'orron, Amdass., p. 19.

leurs instructions; Français, ils se sont montrés inflexibles devant les demandes que le roi désavouait ou qui auraient blessé l'esprit, froissé les sentiments du pays; catholiques et prêtres, ils ont accepté les pénitences que le pontife suprême de l'Eglise jugeait nécessaires, et se sont soumis sans difficulté aux prescriptions de l'Eglise romaine en pareille circonstance, ne croyant pas que la dignité royale s'opposât à l'humiliation purement pénitentielle (1).

(J ) Voir Notes et documents G, où nous avons transcrit une pièce de vers adressée à du Perron par le poëte Scévole de Sainte-Alartlie.

Page 1