‹ Henri IV et l'EgliseChapitre 40 sur 54 · V. Paroles et promesses du roi jugées par ses actes · texte numérisé non relu

V. Paroles et promesses du roi jugées par ses actes

Fidèle à notre programme de n'aborder que les questions qui ne nous paraissent pas suffisamment connues ou étudiées, nous envisageons seulement la politique intérieure par rapport à un de ses actes les plus considérables, sinon celui qui la domine tout entière, l'Edit de Nantes (1). Quelle en a été

(1) Nous renverrions volontiers, pour le reste, ù deux ouvrages des

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l'origine? quels faits l'ont amené? quel esprit chez le roi a présidé à sa rédaction ?

Dans la Déclaration de Saint-Cloud, Henri IV, en même temps qu'il prenait l'engagement de se faire instruire dans le catholicisme, garantissait aux réformés, sauf en un point (1), ce que leur avaient accordé les édits précédents. Ces édits comprenaient celui de Poitiers avec les Articles secrets de ^ergerac, la convention de Nérac et celle de Fhix.

C'est ainsi que les protestants avaient obtenu, avec la liberté de conscience et dans une certaine mesure, l'autorisation du culte, la liberté civile et l'admissibilité aux emplois et dignités (*2). Ces concessions, révoquées quelques années plus tard, avaient été sanctionnées en partie par une addition au

mieux pensés, des plus complets sur la mati(''re et qui ont également obteiiii rhonneur d'être couronnés par l'Acadi-niio française, ouvrages déjà plusieurs fois mentionnés ici, YTIutoire du rèipre dr Henri iV, par M. f'oirson, et Benrj IV ei sa politique, par M. Mercier de Lacombe.

(1) M. Isnmbert, Recueil général des anciennes lois frunoiises.

('.') Tous ces traités avaient garanti aux protestants, dit trfts'bieu VI. l'oirson, « la lil)erté de conscience entiè,*e; l'exercice de leur « culte dans les châteaux des seigneurs calvinistes au nombre de « 3,500, et dans les faubourgs d'une ville ou b jurgade de chaque n baillia^'e ou sénéchaussée du royaume, excepu'; dans le bailliage de « l'.iris; la possession des biens et des héritages; l'union par mariages • avec les catholiques; nne justice impartiale rlaiis les parlements: « l'accès aux emplois, aux charges et dignités d;i royaume. » (Histoire du régne de Henri IV, 2* édlt. Paris 186/i, tom. II, p. 676.)

l'eDIT de NANTES 411

traité qui consacrait la réconciliation de Henri III et du roi de Navarre (l). Le point excepté par la Déclaration de Saint- Gloud était l'admissibilité aux charges qui viendraient à vaquer. Deux ans après, en juillet 1591, par l'annulation des édits de 1585 et 1588 et la remise en vigueur des édits de pacification, l'édit de Nantes reconnaissait de nouveau positivement, quoiqu'impliciteaient, ce droit aux dissidents (2) 5

il) Mim .in;^ et Cnrrcspondnncc (le du Plessis-Mornay, édit. de 182'(- 1825, toni. IV, p. 354. A la suite du traité, en eflet, nous lisons : « Oultre ce-dessus, feut conveneu k part : qive ceulx de la religion ne « seroient plus recherchés; que Texercice en soroit libre et public en M la ville du passage, en Tarraée et là où seroit le roy de Navarre; « aussi es villes qui en chasCunj bailliage seroient baillées audict « seigneur roy. » Cette ville de passage avait été d'abord lesPonts- ^de-Cé. Mais, par suite des dillicultés que suscita le sieur de Cosseins, Saumur fut donné en échange. Quant à ces villes qui devaient être cédées au roi de -\avarre, on en trouve l'explication dans le corps même du traité, car il y est dit qu'en attendant le remboursement des frais de guerre, le roi de Navarre « pourra retenir une place, en « chascung bailliage ou séneschaulsée, de celles qui seroient prises « par lui ou les siens... » (P. 353.)

{2j M. Isambert, Recueil général Jes anciennes lois f tançais es, tom. XV, p. 30 : « Avons... ca^^sé, révoqué, annulé, cassons, révoquons etan- « nulons de pleine puissance et autorité royale par ces présentes « lesdits deux édicts faits ès-mois juillet 158) et 15S8... Voulons et « nous plaist que les derniers édicts de pacification soient cy-après « entretenuz, exécutez, gardez et observez inviolablement par tous « nos pays, terres et sci^'neuries de nostre obéissance... lesquels « édicts nous avons à ceste fin, en tant que besoin seroit, confirmez « et autorisez, confirmons et autorisons de nos plus amples puissances « et authorilé... Le tout par provision, jusqu'à ce qu'il ait pieu à « Dieu nous donner la grâce do réunir nos sujets par l'établissement « d'une bonne paix en nostre royaume, et pourvoir au faict de la « religion suivant la proposition que nous avons faite à nostre advc- « ncmcnt à la couronne... »

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