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eussent les grâces et rélégance mondaines. Tel était François de Sales , blond de barbe , de cheveux , d'un sourire d'enfant , avec un charme féminin qui allait surtout aux dames, qui ravit la cour, le roi. Le Crucifié, dans ses mains, perdant toutes ses terreurs, devenu gai et aimable, n'aimant qu'oiselets, fleurettes des champs, avait pris la gentillesse du rusé petit Savoyard,
Ce n'était pas Possevino , un pédant baroque (à en juger par ses livres), qui avait pu faire ce charmant disciple. Celait la cour, c'étaient les femmes, la douce conversation des Philothées et des Chantai. C'était la camaraderie de Taimable auteur cVAstrée, le sire d'Urfé, examant de Marguerite, réfugié en Savoie, qui, d'après les Espagnols, faisait son roman de bergers.
Le confesseur de madame de Chantai, fort jaloux, dit de saint François : « Ce berger. » Et, en effet, ses sermons, ses petits livres dévots, sont des Astrées spirituelles, des bergeries ecclésiastiques.
Le roi, enchanté de voir une dévotion si gaie, si peu exigeante, en contraste si parfait avec le sombre, la roideur des huguenots, inclina fort de ce côté, et, sous cette séduction, se trouva tout préparé à laisser rentrer en France les maîtres du doux prédicateur.
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Au voyage qu'il lit à Melz, eu 1003, La Vareune lui préseuta les Jésuites de Verduu, qui le prièreut de rétablir un ordre pauvre, disaient-ils, modeste, et surtont point intrigant. Le roi dit avec bonté que, de retour à Paris, il aviserait. Tout solliciteur a besoin de suivre son juge ; ils obtinrent que deux seulement, deux humbles, deux tout petits Jésuites, les pères Ignace et Cotton, suivraient l'affaire, et par conséquent accompagneraient le roi. Il consentit. Cotton s'attacha à lui et ]ie le quitta plus jamais. Jamais, quand il l'eût voulu, il n'eût pu arracher de lui ce lierre tenace, ce plat, froid, indestructible lichen, qui semblait collé à lui. Il s'en moquait tout le jour, mais ne le traînait pas moins. Controversiste ridicule et prédicateur grotesque, il était admirablement choisi pour un roi rieur. Celait un trait de génie d'avoir mis chez lui pour espion un fourbe sous la ligure d'un sot.
Voilà l'humble commencement de celle grande dynastie de confesseurs du roi, qui, sous La Chaise et Le Tellier, finiront par gouverner la France.
Le roi, au retour de Melz, fut malade deux fois, coup sur coup, en un même été. En septembre, étant à Rouen, les huîtres normandes lui rendirent son flux de ventre. Il était faible,
el isolé, la cour ne l'ayant pas suivi. 3Iais Colton et La Varcnne ne le lâchaient pas. Ils tirèrent de lui le rétablissement des Jésuites.
Sully assure qu'Henri lY lui avoua qu'il ne se décidait à cela que pour sortir des angoisses où le tenait constamment la peur de l'assassinat, c< vie misérable et langoureuse... telle qu'il me vaudroit mieux être déjà mort. »
Tels ils furent reçus, tels ils se maintinrent. Et c'est, selon S^unt-Simon, la raison même que le plus doux des Jésuites, le P. La Cliaise, donnait en mourant à Louis XIV, pour qu'après lui il prît toujours un confesseur jésuite : « Dans toutes les compagnies il y a de mauvais sujets... Un mauvais coup est bientôt fait, » etc.
Ce qui ne les aida pas peu, c'est qu'ils persuadèrent au roi que l'Espagne les persécutait, et qu'ils n'avaient que lui de protecteur au monde. Cela le toucha. Il les reçut à bras ouverts, et leur dit ce mot étonnant : « Aimezmoi, car je vous aime. »
Pour rentrer, ils s'étaient faits svelles, minces et bien petits. Il leur suffisait d'une fente. D'abord, point de confession, à moins que lc§ évêques ne les y forçassent. C'était assez que ^]otton fût auprès du roi.
Ils étaient hommes de collège, voués tout à
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fait aux enfants, n'aimant que Tenfance. A la Flèche, ils se chargeaient de leur enseigner le latin, laissant le roi y ajouter tout l'enseignement mondain du sièclCj quatre professeurs de droit et quatre de médecine, deux d'analomie. Les Jésuites n'avaient aucun préjugé. Les bénéfices du collège devaient s'employer à doter chaque année douze pauvres fdles, innocentes et vertueuses.
Tout ce qne lenr reconnaissance , lenr tendresse pour le roi, leur faisait demander, exiger de lui, c'était son cœur qu'ils voulaient voir à jamais dans leur église.
Après sa mort, bien entendu. Et celui des rois et des reines, à jamais, voulant être un ordre essentiellement royaliste.
Accordé. Les gallicans mêmes, des hommes du Parlement (par exemple, le greffier Lestoile), se radoucirent un peu pour eux, trouvant les sermons de Cotton doux, modestes, modérés, pacifiques et pas trop dévots, enfin d'un homme du monde.
Ce qui toucha fort Paris pour ce pauvre père Cotton, c'est que, revenant le soir dans le carrosse de La Varenne, il y fut assassiné. Par les huguenots sans doute? Ce fut le cri général. Mais qu'y auraient-ils gagné? Cotton mort, on n'aurait pas manqué de Jésuites aussi saints
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et aussi savants. Quoi qu'il en iïil, heureusement le ciel avait veillé sur lui; l'assassinat se réduisit à une invisible écorchure, que ces méchants huguenots crurent qu'il s'élait faite luimême.