Œc. royales, t. lll, p
rait sa première garantie par l'expulsion des Turcs. Personne ne se montra plus hostile que Henri IV à la prépondérance de l'Espagne, et pourtant on le vit entrer en négociations avec cette puissance ; on le vit conférer avec elle d'un projet de mariage entre
une fille de France et un infant, suivre ce projet, le favoriser, se déclarer prêt à le ratifier, si l'indépendance des Provinces-Unies était préalablement reconnue*, et, lorsque Louis XHl épousa plus tard Anne d'Autriche, le cardinal de Richelieu, cet autre ennemi de la cour de Madrid, put invoquer, à l'appui de la royale union, les vues de Henri IV '. C'est qu'en effet l'animosité contre l'Espagne, si aigrie qu'elle fût par les rancunes de l'homme, ne s'adressait, de la part du souverain, qu'aux proportions démesurées de cette monarchie. Une fois l'Espagne réduite, Henri IV lui tendait la main ; il l'amenait à ses vues; il l'enveloppait, avec ses alliés et peut-être
i. Mss., anc. fonds, 8965. Septembre 1608. — A ce moment mème^ il était aussi question d'un projet de mariage entre le prince de Galles et une fille de France, et les conseillers du roi, la Boderie, Villeroy, Jeannin, voyaient déjà poindre la paix universelle. Voyez Ambass. de M. de la Boderie, t. Hl, p. 403.
2. Instruction à M. de Schomberg. (c II sufBt pour fermer la bouche à tous ceux quicondamneroient ces mariages, de faire connoître qu'ils avoient été projetés et désirés par le feu roy. » Mémoires du cardinal de Richelieu, Collection Michaud et Poujouleft, t. XXI, p. 140.